
L’Observatoire de Lutte Contre les Malversations Economiques, OLUCOME, fustige l’enrichissement de certains cadres par des honoraires, non imposables, au moment où le reste des fonctionnaires crient aux maigres salaires.
Au cours d’une conférence de presse de ce mercredi Gabriel Rufyiri, président de l’ OLUCOME, a dénoncé une mauvaise gestion des fonds publics. Il a souligné que l’inégalité de traitement des agents de l’Etat se fait sentir par le non payement de l’impôt professionnel sur les revenus par certains cadres de l’Etat.
Le Président de l’Olucome dit aussi avoir à maintes reprises demandé l’intervention du Président de la République pour arrêter ce favoritisme.
« En effet, Excellence Monsieur le Président de la République, avec la loi instituant l’IPR tous les individus à revenus mensuels ou journaliers payent l’impôt. Cependant, les institutions, les commissions (permanentes ou ponctuelles) ; les conseils nationaux (comme le conseil national de la communication, l’autorité de régulation des marchés publics, le conseil économique et social, divers conseils d’administration, etc semblent échapper à cette obligation », peut-on lire dans la lettre du 01 avril de cette année adressée au Président de la République par l’Olucome
Gabriel Rufyiri s’interroge alors s’il n’y aurait pas violation flagrante du contenu de la correspondance no110 /SGG /249/2009 du secrétaire général du gouvernement à tous les ministres. Cette dernière précise que les honoraires à verser aux membres des commissions techniques seront calculés sur base des jetons de présence équivalant à 20000 fbu par cadre membre de la commission et par jour effectif, 5000 fbu par membre du personnel logistique (chauffeur, secrétaire) et par jour de travail effectif. La même correspondance ajoute que les estimations forfaitaires seront irrecevables d’office et, conformément aux instructions du Cabinet du deuxième vice Président de la République, les montants de ces honoraires ne pourront pas excéder 300000 fbu par mois et par personne.
Selon toujours le Président de l’Olucome, le Ministère des finances devrait veiller à ce que tous les fonctionnaires payent l’IPR, ou ne touchent pas des doubles salaires. Il fait savoir que ce sont les fonctionnaires des différents Ministères qui trichent en la matière.
«On peut retrouver une seule personne dans plusieurs commissions, ce qui lui permet de gagner jusqu’à près de cinq(5) millions de francs burundais par mois, en plus de son salaire », a déclaré Gabriel RUFYRIRI.
Selon le Président de l’Olucome, en plus de leurs salaires mensuels, ils gagnent ces avantages sans même déduction de l’impôt, en violation de la loi y relative. IL s’indigne que la richesse du pays soit accaparée par une poignée de gens qui peuvent se retrouver parfois dans plus de 10 commissions. L’OLUCOME demande au Président de la République d’intervenir pour arrêter toutes ces irrégularités, en vue de faire respecter la loi.


