
Le journal {Iwacu} est revenu dans son éditorial, sur le maintien en détention de Pierre-Claver Mbonimpa, président de l’Aprodh. Cet homme n’avait pas l’intention de nuire.
« Attention, écrit l’éditorialiste, je ne dis pas que M. Mbonimpa peut se soustraire à la justice mais, au moins par respect pour toute son action en faveur des droits de l’homme, le petit peuple, les oubliés broyés par un système souvent injuste, nos magistrats auraient pu le laisser comparaître libre. Cette décision ne grandit pas notre justice, soutient {Iwacu}. Surtout que nous croyons que quel que soit ce qu’on peut lui reprocher, Pierre-Claver Mbonimpa n’avait pas l’intention de nuire.
Sur la même page que l’éditorial, {Iwacu} a mis une pensée : celle de Denis Diderot.
Il a dit: « Lorsque les haines ont éclaté, toutes les réconciliations sont fausses ».
Qui a tué Datus ?, s’interroge encore {Iwacu} qui parle de soupçons dans le camp Bigirimana et arrestations dans le camp Rwasa.
11 mai 2014, écrit notre confrère, Datus Nshimirimana, militant du Fnl, est tué par balles. C’est un proche à la fois à Agathon Rwasa et Jacques Bigirimana, deux camps rivaux. Trois personnes soupçonnées sont déjà entre les mains de la police. Pourtant, l’allure que prend l’enquête inquiète sa famille et ses compagnons de lutte.
Les débats sur la promulgation de la loi sur la Cvr se prolongent à l’intérieur du pays, titre l’agence {Net Press}.
La commune Butezi de la province Ruyigi a été une des premières entités de l’intérieur du pays à élever la voix pour condamner la loi de la commission « vérité et réconciliation » tel qu’elle a été promulguée par le président de la République le vendredi 23 mai.
Tous ceux qui ont été interrogés insistaient sur l’absence de dédommagement qui ne figure nulle part dans la nouvelle loi. C’étaient principalement les femmes qui étaient les plus entendues pour savoir à qui elles vont s’adresser, pour connaître le sort de leurs conjoints emportés par les massacres de 1972 et ceux qui ont suivi pour savoir aussi comment récupérer les biens qu’ils ont laissés.
L’agence {Net Press} écrit aussi sur ce qu’elle appelle « Spécial 21ème anniversaire de l’élection de Melchior Ndadaye ».
En effet, le 1er juin 2014, cela fait juste 21 ans que Melchior Ndadaye était élu président de la République à la surprise générale, surtout celle des Tutsi, qui ne s’imaginaient pas un seul instant qu’un Hutu pouvait être porté à la magistrature suprême.
Nos deux anciens confrères, {Le Carrefour des idées} de Feu Juvénal Madirisha et {L’Indépendant} de Charles Mukasi, écrivaient chaque semaine, qu’une éventuelle élection du candidat du Frodebu équivaudrait à la fin des Tutsi. Quant au journal hutu, {L’Aube de la Démocratie} animé par Sylvestre Ntibantunganya, il jurait à qui voulait l’entendre que « le moment était enfin venu » pour que le Burundi soit géré par « les siens » ; les siens étant le peuple majoritaire hutu.
Oui à l’immatriculation mais, la décentralisation d’abord. L’hebdomadaire {Burundi Eco} écrit que le registre du commerce est un casse-tête pour les commerçants de la commune Rumonge au sud du pays.
Certains commerçants demandent la décentralisation des services de l’OBR (Office burundais des recettes) pour avoir un accès facile à certains documents exigés. « Pas question de fermer mon magasin pendant une journée ou deux à la recherche d’un document », dit l’un d’eux.
Le journal {La Voix de l’enseignant} revient sur le scénario consensuel entre les syndicats et le gouvernement. C’est un consensus du 24 mai 2013. Une année après, l’employeur a menti.
Il a pris du temps pour entendre les cris des enseignants en rapport avec les disparités salariales. Les enseignants craignent néanmoins pour leurs salaires et ont adopté une nouvelle forme de grève plus meurtrière pour la nation. La balle est dans le camp du gouvernement, écrit {La Voix de l’enseignant}, qui trouve que le système éducatif burundais se meurt petit à petit même si le gouvernement semble ignorer la gravité de la chose.
Un enseignement gratuit avec des points gratuits pour avancer.
Le gouvernement chercherait à faire réussir un grand nombre possible d’élèves. Après la 6è année, il préconise la suppression du concours d’entrée en 7è année.
{La Voix de l’enseignant} revient amèrement sur les mots des inspecteurs de la région Ouest : « Monsieur /Madame le professeur, donnez-nous les copies des interrogations et des examens du premier et du second trimestre. Vous ajouterez le cahier d’évaluation et celui des points. Par après, vous allez expliquer pourquoi tant d’échecs ».


