Un vieil homme harcelé par un jeune du parti au pouvoir sur fond des cotisations

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    Un habitant du quartier Gituro dans la commune urbaine de Kamenge a été menotté pour n’avoir pas donné cinq cent francs burundais comme cotisation du parti cndd-fdd, selon notre constat.

    Frustré, le matin de ce mercredi, il était debout devant sa maison sa main tenue par une menotte toute neuve.

    La population massée dans la route pavée le regardait avec une grande anxiété mêlée d’une désolation et se refusait de tout commentaire.

    C’était vers vingt heures dans la nuit de ce mardi à mercredi quand Kayobotse Arthémon, âgé d’une soixantaine d’années et habitant au cinquième avenue numéro quatre-vingt-treize du quartier Gituro de la commune Kamenge en Mairie de Bujumbura a vu arriver chez lui son voisin de la même avenue.

    Ce voisin surnommé Mayeri mais dont les noms sont Eric Nahimana, lui a demandé cinq cent francs de cotisations pour le parti Cnddfdd.

    Kayobotse Arthémon, ne voulant pas se laisser faire va alors lui demander à quoi servent ces cotisations ?

    Ainsi, Mayeri, chauffeur de l’administrateur de la commune Kamenge, a répondu que c’est pour le parti présidentiel, cndd-fdd (le conseil national pour la défense de la démocratie- front pour la défense de la démocratie) au pouvoir depuis 2005.

    Ce vieux connu sous le sobriquet de Mapengu a alors refusé catégoriquement qu’il ne peut plus donner cette somme servant de cotisations la nuit surtout pour ne pas les octroyer aux escrocs qui se font passer pour telle ou telle autre organisation politique.

    Menotté un seul bras gauche déjà, Mapengu a essayé de se défendre et il est parvenu à entrer dans sa maison. Il se demande alors pourquoi on ne demande pas ces cotisations la journée.

    Il se pose aussi la question de savoir si ces façons de percevoir des cotisations sont connues au sein du parti cndd-fdd ou par le Président de la République.

    « Je ne pense pas que ça soit le Président de la République qui a envoyé les gens percevoir des cotisations de la sorte » a-t-il dit, visiblement fâché, avant d’ajouter que le chauffeur qui l’a menotté devrait être puni.

    Ce qui choque, d’après Mapengu, est qu’il a été maltraité, à son âge, pour une cotisation de cinq cent francs qu’il ne manquait pas. Grave encore est qu’il a été humilié et dégradé devant ses voisins et de surcroît devant ses enfants et sa femme comme un voleur ou un malfaiteur dans la société.

    Il insiste que dans Gituro, ce sont surtout certains jeunes Imbonerakure qui dérangent et perturbent la sécurité des gens du quartier.

    Ils souhaitent que les citoyens soient respectés pour qu’ils vivent paisiblement afin de bien vaquer à leurs activités.

    Mapengu pointe du doigt l’administrateur de la commune urbaine de Kamenge en spécifiant que c’est bien lui qui envoie ces jeunes qui menottent les gens alors que ces derniers ne sont pas des policiers.

    “Je ne suis pas un voleur, je ne comprends pas pourquoi je suis menotté devant les enfants. Si c’est l’administrateur qui a envoyé ces gens à déstabiliser dans leurs familles, je lui demande qu’il nous respecte et nous laisse paisible”, s’est plaint le vieux Mapengu.

    Ce vieil homme a alors décidé de rester avec cette menotte sur son bras pour que tout le monde puisse se rendre compte de cette triste réalité ou excès de zèle de certains des jeunes du parti Cndd-fdd.

    Cet incident survient quelques jours après qu’Onésime Nduwimana, porte parole du parti présidentiel, a déclaré que la cotisation devait se fait volontairement au niveau des permanences. Les partis d’opposition ont toujours dénoncé cette collecte des cotisations pour le compte du CNDD-FDD dans différentes province du pays qui se fait par force. Sans toutefois préciser le sort qui leur est réservé, Onésime Nduwimana avait déclaré que les militants du CNDD-FDD qui font cette collecte forcée n’ont pas été mandatés par ce parti.

    De plus, l’incident vient confirmer les accusations des partis d’opposition contre le parti au pouvoir selon lesquelles ce parti aurait distribué des armes à certains de ses membres, la possession d’une menotte, un des objets des forces de sécurité, par ce civil étant l’une des preuves.

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