Muyinga: des présumés rwandais inhumés sur le sol burundais

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    A une vingtaine de mètres des bords du lac Rweru, sur la colline Cagakori commune Giteranyi, c’est là où ont été enterrés quatre corps sans vie repêchés dans le lac Rweru vendredi dernier.

    Pas d’oraison funèbre en l’honneur de ces disparus d’origine jusques là inconnue.

    Découvertes dans le lac, à la frontière entre le Burundi et le Rwanda, les autorités des deux pays rejettent que ces personnes ont été assassinées dans leurs pays.

    Les pêcheurs sur place croient à des victimes d’exécutions de l’autre coté de la Kagera, au Rwanda. En effet, d’après les mêmes pêcheurs, ces cadavres ont été déversés sur le lac par la rivière Kagera provenant du Rwanda et affluant du lac Rweru. Ils ont été tués sauvagement.

    Avant d’être emballés dans des sacs, leurs bourreaux les ont dénudés (pas même un sous vêtement sur leur corps) à part un linge mis sur un visage, une sorte de cagoule.

    Ils ont été ligotés bras et jambes et enserrés dans des sacs en caoutchouc comme des friperies. Des pierres ont été aussi emballées dans le même sac, probablement pour les pousser à s’enfoncer dans la Kagera.

    Badende Jumaine, conseiller économique du Gouverneur de la Province Muyinga, voilà le représentant de l’administration burundaise à cette inhumation.

    Un geste humanitaire d’après ses dires, si le Burundi a accepté d’enterrer ces disparus d’origine inconnue, c’est pour protéger la population des collines voisines du lac utilisant au quotidien l’eau du lac Rweru, a précisé le délégué du gouverneur de Muyinga.

    Tout en regrettant que ces victimes de la barbarie humaine aient été enterrés dans l’anonymat, il réaffirme que ce ne sont pas des Burundais.

    { {{Le Rwanda s’en décharge}} }

    A cet enterrement, l’autorité rwandaise était absente. Seulement deux pêcheurs rwandais ont aidé leurs collègues burundais à embarquer les cadavres dans les pirogues. Ceux là affirment qu’une quarantaine de corps sans vie ont flotté sur la rivière Kagera depuis fin juillet.

    Sont-ils prêts à témoigner devant la commission ad hoc annoncée par l’administration burundaise? Non, on risque de subir le même sort, ont-ils répondu.

    Au début de la semaine dernière, des hauts gradés de l’armée rwandaise ont fait une descente sur le lac Rweru. Pour cette délégation les enquêtes devraient se faire du coté burundais, chez eux, aucune disparition n’est signalée.

    { {{A quand les résultats de la commission ?}} }

    Avant l’inhumation, l’Officier de Police Judiciaire a fait un procès verbal et rendra rapport comme pour d’autres dossiers.

    En réalité, le gouvernement du Burundi n’a jamais confié cette affaire à une quelconque commission d’enquêtes, seule la police s’en charge au niveau de la commune Giteranyi, la zone où ces cadavres ont été découverts.

    Des pistes d’enquête policières déjà relevées jusque là seraient entre autres un T-shirt blanc sur lequel on peut lire les mots Kinyarwanda « Dushire Imbaraga mu kwiga Twihesha agacyiro » comme pour dire « Unissons nos forces dans l’éducation, pour nous valoriser», un T-shirt que portait une victime qui flottait sur les eaux de la Rweru, témoignent les pécheurs.

    Les défenseurs des droits humains étaient présents lors de l’inhumation de ces victimes probables d’une intolérance politique.

    La ligue ITEKA et le BNUB estiment que les enquêtes indépendantes pourront révéler la réalité sur ce qui est qualifiée d’atrocité sur cette frontière entre le Burundi et le Rwanda.

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