Burundi : un « courriel diplomatique » contenant des kilos d’ivoire

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    C’est une affaire qui embarrasse l’ambassade de la Chine au Burundi. La brigade de recherche au commissariat de la police de Bujumbura enquête sur le vol du 4 octobre de la compagnie Ethiopian Airlines qui a transporté six colis d’ivoire en provenance de l’aéroport international de Bujumbura. L’agence de voyage confirme avoir noté ce jour là 300 Kg seulement pour un courriel « diplomatique » formellement enregistré par les services aéronautiques de Bujumbura. Le colis sera saisi quatre jours plus tard à Kuala Lumpur, la capitale Malaisienne avec un tonnage 6 fois plus important, 1800 Kg d’ivoire. L’ambassade de la Chine rejette toute implication dans ce commerce prohibé.

    Lee Pan Huang, c’est le nom de l’expéditeur qui se réclame employé du bureau d’ambassade de la chine au Burundi. Des sources de l’agence de voyage Ethiopian Airlines à Bujumbura confirment que sur le colis était marqué le nom de cet homme et de l’ambassade pour laquelle il serait employé. Il avait tenu à préciser aussi qu’il s’agit d’un courriel avec effet personnel, mais les services aéronautiques de Bujumbura n’ont pas hésité à laisser passer devant les scanners pouvant détecter les marchandises, même les plus microscopiques, du moins selon le directeur de l’autorité de l’aviation civile à Bujumbura. On s’interroge encore plus comment 1800Kg d’Ivoire pouvaient se faire enregistrer dans un vol passager? Des sources en provenance du pays d’accueil apportent un rectificatif sur ce tonnage d’ivoire saisi, Et bien, il s’agit de 300Kg.

    La saisie de ces marchandises en Malaisie provoque un tolet au bureau d’ambassade de Chine. Yu Xhuzong, représentant la Chine au Burundi voudrait bien dans un premier temps que l’affaire ne fasse la une des médias avant la fin des enquêtes policières entamées lundi 20 octobre à Bujumbura. Contacté par la rédaction Isanganiro, le diplomate défie les services aéronautiques de Bujumbura sur la légèreté avec laquelle ils ont tenu à contrôler ce courriel qui n’est pas en tout cas reconnu par le bureau d’ambassade. Le premier suspect, Lee Pan Huang est un nom fictif selon le diplomate chinois.

    { {{Une affaire de justice }} }

    L’ambassade ne portera pas plainte pour faux et usage de faux. Mais Lee Pan Huang reste pour l’instant, une personne « fantôme », sa piste n’est pas intéressante dans les enquêtes de la police en cours.

    Par ailleurs, quatre agents de l’office burundais des recettes et deux autres de l’autorité de l’aviation civile sont sous interrogatoire. Ils étaient au service en date du 4 Octobre, le jour de ce control farfelu. Ils risquent le licenciement bien qu’ils ne soient pas autorisés à faire le Checking au VIP de l’aéroport de Bujumbura, un salon qui visiblement ouvre aussi la voie à différente forme de fraude.

    { {{Comment le trafic d’Ivoire au Burundi ?}} }

    Certes le Burundi ne figure pas parmi les pays fournisseurs d’ivoire, mais ce commerce prohibé s’exerce depuis un certain temps. L’aéroport de Bujumbura devient une des plus importante plaque tournante qui sert de relai avec le reste du monde en provenance des pays de la communauté de l’EAC, la Tanzanie, le Kenya et l’Ouganda. Un nouveau cas vient d’être enregistré la soirée de ce 26 Octobre sur les pistes de l’aéroport de Bujumbura avec un colis de 9Kg d’ivoire, un malien attendait le Kenya Airways pour faire l’affaire.

    Au-delà du transport, il faut aussi signaler le braconnage à main armée existant pour la chasse à l’éléphant. Au mois de mai dernier, une femme de Gitega, au centre du Burundi a été arrêté par les services de la documentation pour trafic d’armes. Trois fusils Kalachnikov avait été saisi chez elle, elle a révélé à la police qu’elle collaborait dans la fourniture d’armes en Tanzanie et en Ouganda pour un usage environnemental, le trafic d’ivoire.

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