
Les journalistes burundais ont manifesté pacifiquement ce mardi pour plaider en faveur de la libération du journaliste Bob Ruguruka. Ils s’étaient munis de bougie pour réclamer une justice réellement indépendante.
Contrairement aux autres jours de manifestations, cette fois – ci la police n’a pas constitué un obstacle à cette manifestation.
Les acteurs de la société civile et la présidente de la Maison Shalom Marguerite Barankitse dite Maggy avaient aussi participé. Ils ont fait le tour du Parquet Général de la République en silence munis aussi des effigies de Bob Rugurika.
Vers 8 heures 45 minutes, ladite manifestation pacifique a commencé. Le Directeur de la Radio Bonesha Fm, Patrick Nduwimana, a dit qu’ils étaient venus pour demander la lumière sur le triple assassinat des 3 sœurs italiennes en septembre dernier.
Pour Patrick Nduwimana, l’incarcération de Bob Rugurika qu’il qualifie d’injuste est contraire à la volonté de la justice de chercher la vérité autour de ce triple meurtre. « Bob Rugurika a fait un travail salutaire de nature à constituer une piste pour la justice Burundaise. Il ne méritait pas la prison pour autant », a souligné Patrick Nduwimana.
{{Colère et vigilance du citoyen lambda}}
Un citoyen qui s’était joint aux journalistes a appelé les magistrats en charge de ce dossier à se dépasser pour dire le droit dans ce dossier en prenant pour exemple Gérard Nduwayo lors de l’affaire Ntungumburanye. Gérard Nduwayo avait refusé de charger injustement Ntungumburanye et consort vers 1972. « Je ne suis pas un citoyen ordinaire si je suis en compagnie des autres burundais pour réclamer la libération de Bob Rugurika. Que les magistrats en charge de ce dossier se servent de l’exemple de Gérard Nduwayo car nous savons que Bob Rugurika a été incarcéré injustement par le pouvoir CNDD-FDD. » a t – il souligné.
Marguerite Barankitse , la présidente de la Maison Shalom a demandé à Bob Rugurika de rester serein là où il est sous les verrous. Cette femme de renommée internationale pour ses œuvres de charité en faveur des victimes de la guerre au Burundi a invité les Burundais à enterrer la hache de la violence. « Nous ne voulons plus que le sang soit encore versé dans ce pays », a-t-elle interpelé à la fois le gouvernement du Burundi et sa population.
La Présidente de la Coalition de la Société civile pour le Monitoring des Elections a appelé les Burundais et en particulier les journalistes à plus de vigilance. De la part de Justice Nkurunziza, l’emprisonnement de Bob Rugurika est contraire à la loi, mais les journalistes devraient tout faire pour ne pas perdre de vue l’observation du processus des élections de 2015 aujourd’hui en cours.
« Lorsque les gouvernements font face à des chapitres d’une importance capitale pour la vie du pays, elles recourent à des manières malicieuses pour empêcher les médias à en suivre ce processus. C’est important de suivre le dossier Bob Rugurika mais s’il vous plait ne reléguez pas à l’écart le processus électoral parce qu’il détermine l’avenir de ce pays », a ajouté Justice Nkurunziza.
{{Manifestation loin des yeux de la police}}
Sur le terrain du parquet où la manifestation a commencé, aucun élément de la police n’était là. Nous n’avons vu aucun élément de la police pendant près de 30 minutes qu’a durée cette manifestation pacifique dans laquelle les citoyens ordinaires avaient aussi participé en tenue de couleurs vertes à l’instar des journalistes.
A la fin de la manifestation, le commissaire de la police en Mairie de Bujumbura est arrivé sur les lieux. Il s’était muni de policiers en charge de sa sécurité uniquement. Innocent Muhozi, l’un des responsables de la campagne mardi vert lui a dit que la marche venait de terminer. Ce n’est pas pour la première fois qu’une marche pacifique ait lieu même si le maire de la ville de Bujumbura en eut refusée la tenue.




