
Jean tient un commerce de marchand dans une boutique de Kinama, en commune Ntahangwa. Depuis quelques mois, il voit ses clients progressivement diminuer. Selon lui, alors qu’il s’approvisionnait chaque jour en crédits de téléphonie mobile pour 100 000 franc bu; aujourd’hui, avec la même somme il vend pour 3 jours. Le stock de farine de manioc qu’il écoulait en une semaine prend deux semaines. Alors qu’il vendait deux sacs de sucre chaque mois, un seul sac ne s’épuise qu’après deux mois. D’autres produits ont suivi la même pente descendante. Jean cite des denrées comme le haricot, le savon.
Ainsi la marge bénéficiaire a été réduite de deux ou trois fois en quatre mois de crise. Et Jean n’est pas le seul a subir de plein fouet les retombées économiques de la situation difficile du pays. Beaucoup de commerçants du marché de Kinama se plaignent d’une baisse sensible des clients. Sur certains stands visités, deux-trois cadenas fermés et des toiles d’araignées témoignent une fermeture prolongée de ces commerces. Ceux qui s’accrochent encore espèrent que la situation va s’améliorer. Ils imputent ce marasme par la pauvreté de la population et la hausse des prix pour certaines denrées, telles que le sucre, le riz, les dentifrices.
Cette faiblesse du petit commerce se répercute aussi sur les recettes de l’Etat. Depuis quatre mois consécutif, l’Office des Recettes du Burundi accuse en moyenne un manque à gagner de l’ordre de 16 milliards de francs par mois.



