Bubanza: les caféiculteurs en désespoir

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    Les caféiculteurs qui ont vendu leur café dans différentes stations de dépulpage se lamentent du retard de paie. Ils ont vendu leur café a crédit à partir du mois de février et jusqu’aujourd’hui, ils ne sont pas encore payé. Les collecteurs de ce café au niveau des coopératives précisent qu’il s’agit d’un problème de fond causé par les différentes perturbations que connait le pays et que ces cultivateurs doivent attendre jusqu’à ce que la situation soit débloquée.

    « Moi, j’avais récolté cent cinquante kg de café que j’ai amenés à la station de dépulpage, c’était au mois de mars, et voilà que nous terminons le mois d’octobre sans que je perçoive aucun sous », se lamente Bazikwankana Etienne rencontré à Buhanza en commune Rugazi.

    « Nous ne savons même pas combien on va nous donner par kg, les uns parlent de deux cent francs, les autres cinq cent et pas plus, nous ne savons pas vraiment à combien nous avons vendu notre café », poursuit-il.

    Pour Bazikwankana Etienne, il est difficile de savoir si le café reste une culture industrielle au moment où le coût, selon lui, reste en dessous de celui des cultures vivrières.

    Cependant, d’autres caféiculteurs contactés dans cette commune indiquent qu’ils ont été payés une petite somme d’argent au mois de septembre dernier, presque un tiers ou un quart de ce qu’ils devaient avoir.

    En commune Musigati, c’est le même scenario, la colère est grande chez les habitants de la colline Kayange contactés. Ils ont également vendu leur café à crédit, il y a huit mois, ils ne sont pas encore payés.

    Siniremera Marianne, une veuve de la localité regrette de voir plus de la moitié de sa propriété occupée par des caféiers.

    « Si j’y avais planté du haricot ou du manioc, je les aurais vendus sans aucun problème au marché et je serais rentrée avec de l’argent quel qu’il soit, au lieu d’attendre éternellement celui du café », déplore-t-elle.

    Sur cette même colline de Kayange, ceux qui ont vendu le café à la station de Miririmbo ont perçu une petite part de leurs sommes au mois de septembre pour pouvoir envoyer leurs enfants à l’école, et le reste, ils disent qu’ils ne savent pas quand ils vont en avoir.

    De son côté, Nyabenda Jésus-Marie connu sous le sobriquet de Mwarabu, l’un des collecteurs de café en commune Musigati, dit qu’il comprend à cent pour cent les lamentations de ces cultivateurs de café, mais déplore le fait qu’il y en a qui disent ne pas connaître le prix du kg alors qu’on le leur a communiqué bien avant.

    « Peut-être que c’est par distraction que certains n’ont pas entendu le prix du kg, sinon nous leur avons bel et bien dit qu’on achète à cinq cent FR le kilo », souligne-t-il.

    Et concernant le retard de paie, Nyabenda Jésus-Marie dit que c’est un problème qui est au-delà de leurs pouvoirs. Il fait savoir que la situation est la même dans toutes les trente-trois coopératives du pays.

    «Les caféiculteurs ne sont pas encore payés, et ils sont contraints d’attendre, on ne sait jusque quand! Tout le café a été acheminé à Bujumbura, et reste stocké là », précise-t-il. Il doute que le café ne soit pas exporté et que les fonds ne viennent pas suite aux différentes perturbations que connait le pays depuis quelques temps.

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