L’exploitation artisanale de l’or continue de manière anarchique en Commune de Muyinga malgré l’interdiction de l’administration communale. A moins de dix mètres des sites d’exploitation vivent des habitants pauvres. Pour ces derniers, cette exploitation d’or enrichie une poignée d’individus au dépens de la population victime des effets dévastatrices de l’extraction sur l’environnement. 
Sur les collines Cibari et Gasenyi , périphérie du centre urbain de Muyinga, l’extraction de l’or laisse des traces de destruction de l’environnement. Des sols dénudés, la vallée de Gitongwe jonche de carrière n’est plus cultivable, peut-on constater sur place.
Chaque jour, des orpailleurs creusent ici et la pour tenter de retrouver cette matière précieuse. Ces exploitants n’ont pas d’autorisation officielle, ainsi, ils ont des équipes de surveillance de tout individu étranger pouvant arriver sur terrain.
“La police en charge de la protection de l’environnement nous traque et récupère parfois notre matériel”, confie un orpailleur justifiant leur méfiance à l’ endroit des personnes étrangères au site.
D’après des sources policières, ces exploitants devraient se regrouper en coopératives redevables devant l’office burundais des recettes mais, aucune coopérative n’est reconnue en commune de Muyinga.
{{Richesse pour une main invisible}}
L’or est exploité par des individus qui ne paient aucune taxe car travaillant de manière informelle, apprend-on de source policière.
Sur les sites, les orpailleurs indiquent travailler pour des patrons dits ” BOSS”. Personne n’ose révéler le nom du patron. Les propriétaires de ces mines habiteraient en ville de Muyinga ou ailleurs.
Sur la Colline Cibari, quelques ménages pauvres sont implantés à moins de dix mètres des sites d’exploitation. Leurs habitations en pailles donnent la marque de misère. Kanani, une femme croisée devant sa maison nous a indiqué ne rien savoir de l’or, Je vois des gens creuser, des fosses ou rien ne poussent plus et notre vallée inondée par les eaux de ruissellement à cause de ces gens, dit-elle.
Philippe Nkeramihigo , Administrateur de la Commune de Muyinga, indique que les exploitants illégaux jouent du cache –cache pour échapper à la vigilance des unités de police du fait que ces derniers ne peuvent pas être présents à tout moment sur les lieux.
“Difficile d’identifier les patrons d’autant plus qu’on n’a pas encore mis la main sur les ouvriers”, indique-t-il. Cet administratif compte sur les sensibilisations pour faire comprendre à la population les dangers de cette destruction de l’environnement.



