Bujumbura : pourquoi ces inondations répétitives ?

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    A chaque forte pluviométrie, la capitale économique devient de plus en plus la cible des inondations ou des glissements de terrain causant des morts et blessés. Les chiffres des dégâts ne cessent de croître. Cette situation nous amène à nous interroger sur l’origine de ce phénomène. Certains évoquent la construction dans des zones à risque. 

    Les cas les plus récents sont ceux des quartiers Uwinterekwa et Buterere. Selon le ministère de la sécurité publique et de gestion des catastrophes, à Uwinterekwa en Mairie de Bujumbura,  les pluies du 21 novembre 2019 ont fait 12 morts, 30 blessés et des dégâts matériels.

    À part les inondations qui ont secouées les quartiers Kiyange de la zone Buterere en avril 2018, les précipitations de la nuit du 27 au 28 décembre 2019, ont également fait rage dans cette même localité. Selon les chiffres du Bureau de la coordination des affaires humanitaires OCHA  BURUNDI, du 3 janvier 2020, 748 ménages, soit 3 740 personnes sont déplacées. L’an 2014, les pluies du 9 au 10 février ont causé d’énormes dégâts humains et matériels dans les quartiers de Gatunguru et Carama au nord de la capitale économique du pays.

    Quels en sont les mobiles ?

    Le professeur Bernard Sindayihebura, spécialiste en aménagement du territoire et de l’environnement, explique que l’implantation des maisons d’habitation dans ces quartiers n’a pas respecté la loi régissant la construction.

    Il donne l’exemple du quartier Uwinterekwa qui est érigé sur une forte pente.    « Même le traçage des pistes n’a pas respecté les règles. Certaines suivent une pente critique qui dépasse 12 %. Normalement, on ne devrait pas avoir des pistes de ce genre », explique-t-il. Selon cet ingénieur, les terrains devraient être aménagés pour atténuer ces pentes. Les techniques appropriées d’aménagement et une étude de retracement et d’assainissement devraient être menées par l’urbanisme avant toute implantation dans un site.

    Concernant le cas de Buterere, ces habitants sont victimes d’une mauvaise canalisation. La construction dans des zones dangereuses constitue une autre cause. Certains habitants continuent à construire tout près du lieu d’épuration des eaux usées. Les autres implantent leurs maisons tout au long des endroits qui étaient réservés à la pisciculture.

    L’économie nationale est victime

    Les moments que traversent les familles victimes des inondations,  les empêchent de vaquer convenablement à leurs activités quotidiennes. La plupart,  des commerçants, voient leur business mourir à petit feu. De ce fait, ils tendent la main à l’Etat

    Les catastrophes naturelles imposent à l’État de mobiliser d’importantes sommes pour assister aux vulnérables et à la réhabilitation des infrastructures endommagées.  Après un certain nombre d’années, cela enregistre de lourds frais.

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