Burundi sans sachets non-biodégradables ?

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    Le délai limite d’utilisation des sacs en plastique est fixé au 8 février 2020. Le décret interdisant la fabrication, l’importation, le stockage, la vente et l’utilisation des sachets et d’autres emballages en plastiques a été signé le 8 août 2018. Nonobstant, ces emballages sont toujours présents dans différents marchés du pays. « Les emballages de substitution sont en quantité insuffisante », disent certains commerçants de Bujumbura. 

    Une grande partie de la population utilise les sachets qui ne sont pas dégradables pour conserver les aliments ou les emporter. Mais, leur composition et leur production en masse posent des risques sur l’environnement et sur la santé de l’homme. Ces risques proviennent à la fois de l’exposition aux particules de plastique elles-mêmes et aux substances chimiques qui y sont associées.
    Dans un communiqué de presse du 22 août, 2019 Genève, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) appelle à réduire la pollution par le plastique pour protéger l’environnement et réduire l’exposition humaine.

    L’article 9 du décret portant l’interdiction des déchets en plastiques au Burundi accorde, dès sa signature, un délai de grâce de dix-huit mois pour écouler les stocks disponibles et les commandes passées. Sont-ils écoulés sur les marchés ?

    Situation sur terrain

    Les emballages en plastiques sont toujours présents partout même dans les marchés. Les reporters de la Radio Isanganiro sont passés ce lundi aux marchés de COTEBU et Bujumbura City Market communément appelé Kwa Siyoni. Ils ont trouvé que les sachets sont disponibles surtout là où on vend du savon, de l’huile de cuisine et les denrées alimentaires. Les commerçants indiquent qu’ils les vendent suite au manque des emballages de substitution.

    « Comment est-ce qu’on peut arrêter de vendre ces sachets alors qu’on n’a pas encore eu d’autres pour remplacer ceux qu’on avait au départ ? » , s’interroge Faustin Nduwimana, l’un de ces commerçants. D’autres trouvent que malgré la durée d’utilisation des sachets non-biodégradables qui expire ce mois de février, les stocks sont toujours pleins.

    Contrairement au marché de COTEBU, dans les stands du marché de Kwa Siyoni où on vend des habits, on remarque la présence des emballages biodégradables. Les vendeurs de ces produits demandent la production en quantité suffisante pour faciliter le commerce.

    D’où viendront ces emballages de substitution ?

    La société ELICOM s’occupe de la production des emballages remplaçant celles non-biodégradables. Eric Kwizera, le responsable du commerce et du marketing au sein de l’ELICOM affirme qu’ils sont prêts à travailler pour substituer ces sacs dans les délais fixés par l’Etat. Il indique qu’ils ont commencé par les études sur la quantité à produire.
    «Pour le moment, on est dans une période d’essai. Nous avons commencé par des emballages très spécifiques pour les pharmacies, les alimentations et les boulangeries », précise-t-il. « Prochainement, nous envisageons de produire des emballages à usage public sur tout le territoire », ajoute-t-il.

    L’ELICOM précise qu’elle a, à l’heure actuelle, une capacité de produire plus de cinq mille sacs par jour et que cette quantité peut augmenter selon la demande. Concernant les prix, Eric Kwizera dit qu’ils vont varier selon la qualité et le poids à contenir.

    Y aura-t-il une prolongation d’utilisation des emballages non-biodégradables ?

    Le ministère de l’environnement, l’agriculture et l’élevage indique que la date limite de retrait des emballages qui ne sont pas dégradables doit être respectée. Jérémie Nkinahatemba, directeur général de l’environnement, souligne que sa direction s’est donné un délai de trois mois pour suivre la mise en vigueur de cette mesure. « On va faire en sorte que cette mesure entre en vigueur et sensibiliser les sociétés qui se sont engagées à produire les sacs biodégradables », annonce-t-il.

    L’article 7 du décret interdisant l’utilisation des matériels en plastiques stipule que les déchets en plastique, y compris les bouteilles et les flacons en plastique sont retournés chez les fournisseurs qui en assurent le stockage, le recyclage ou la valorisation. Mais il s’observe des flacons et des bouteilles errants dans la nature. Et cela constitue un danger pour l’environnement et la santé humaine.

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