Burundi : naissance d’un syndicat des journalistes

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    Ce mercredi 3 juin a vu le jour un nouveau syndicat regroupant des journalistes burundais, Burundian Journalists’ Alliance BJA en sigles. Toutefois, certains professionnels des médias regrettent que ce syndicat ait été secrètement initié.

    Lançant officiellement les activités du nouveau syndicat des journalistes, Melchior Nicayenzi, président du BJA en sigle, dit que sa création a été motivée par des journalistes qui faisaient face au manque d’un cadre d’expression depuis la suspension de l’UBJ (Union Burundaise des Journalistes).

    D’ailleurs, comme il l’indique, une dizaine de médias sont représentés et d’autres vont adhérer au fur du temps. « Nous comptons actuellement plus de 130 journalistes, mais nous n’avons pas eu l’occasion de consulter tous les journalistes et médias. Nos portes restent ouvertes à tout journaliste désirant apporter sa pierre constructive dans ce métier au Burundi ». Affirme t-il.

    BJA vient-il remplacer UBJ ?

    Le chef de ce nouveau syndicat explique que l’on ne peut pas remplacer une organisation qui n’existe pas. « L’UBJ n’est pas reconnu, il n’est donc pas accepté comme syndicat. L’Union Burundaise des Journalistes a cessé d’exister en 2015. »

    En effet, selon l’ordre de suspension provisoire, les activités de cette association, ainsi que quatre autres organisations ne seraient « …pas en conformité avec leurs objectifs consignés dans leurs statuts mais sont plutôt de nature à perturber l’ordre et la sûreté de l’État. » Elle sera alors suspendue le 25 octobre 2016.

    Et si jamais l’UBJ revenait, Melchior Nicayenzi assure qu’ils collaboreraient pour promouvoir la liberté de la presse au Burundi.

    Une « zone d’ombre » plane au dessus la mise en place du syndicat

    Certains journalistes disent n’avoir pas été au courant de la création du nouveau syndicat. Antiditeste Niragira, trouve par exemple que tous les journalistes devraient être consultés. « La mise en place des organes dirigeants doit passer par la consultation de la presse privée et publique. Pour ce, je trouve que ce nouveau syndicat est le résultat d’un secret de quelques individus. » Ajoute t-il.

    Pour Alain Majesté Barengayabo, l’initiative est bonne mais une zone d’ombre plane toujours sur le BJA. « Comment expliquez-vous une association des journalistes sans les journalistes ? D’ailleurs, on ne peut pas représenter les journalistes sans qu’on soit élus par eux. Mais je reste pessimiste. J’espère que des améliorations vont être faites tout en consultant les premiers concernés. »

    En attendant une probable assemblée extraordinaire des journalistes qui aura pour objectif d’élire les organes dirigeants du syndicat, Burundian Journalists’ Alliance a été agrée le 18 mai 2020.

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