Médecine traditionnelle : dangereuse ou efficace ?

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    Malgré la médecine moderne, quelques uns des habitants de la ville de Bujumbura préfèrent toujours faire recours à la médecine traditionnelle lorsqu’ils sont souffrants. Certains tradipraticiens en mairie de Bujumbura témoignent de la forte fréquence des clients qui s’en approvisionnent, surtout en ces temps de Covid-19.

    Au Burundi, la médecine moderne n’a pas du tout remplacé la pratique traditionnelle. Les médicaments à base de plantes sont utilisés soit à l’état brut ou en association de plantes telles que les feuilles, fleurs, fruits, graines, tronc, bois, écorce, racines, rhizome, fragmentés ou en poudre.

    Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la médecine traditionnelle est : « la somme totale des connaissances, compétences et pratiques qui reposent sur les théories, croyances et expériences propres à une culture. » Elles sont utilisées pour revenir, diagnostiquer, traiter et guérir des maladies physiques et mentales. Bref, maintenir les êtres humains en bonne santé.

    « Kwiyubikira », une pratique thérapeutique 

    Au marché de Jabe situé en mairie de Bujumbura par exemple, les vendeurs remarquent des mouvements inhabituels d’acheteurs. Selon eux, la plupart cherchent souvent les médicaments liés aux maladies respiratoires.

    « Nous leur donnons des plantes comme umuravumba (Tetradenia riparia), umucayicayi (citronnelle), umukaratusi (eucalyptus). Elles sont utilisées pour soulager la grippe, les maux de tête et la toux. Le patient les utilise soit transformés ou cuits dans une marmite. Il peut procéder par un bain de vapeur « kwiyubikira ou kwiyuka ». Il fait bouillir les feuilles de plantes et mets la tête près de la solution bouillante en se couvrant avec un drap ou une serviette pour qu’il puisse l’aspirer. C’est un peu le sauna traditionnel  », explique Nduwingoma Claudette, vendeuse.

    Un autre vendeur tenant un stand à côté de Claudette nous dévoile une solution sollicitée à base des feuilles. « On fait cuire ces plantes jusqu’à ébullition. Et ensuite on laisse refroidir la solution (gusabika) avant de l’administrer oralement. Les adultes peuvent prendre un verre trois fois par jour. Pour les enfants, le dosage est d’une cuillère selon son âge», nous fait-il comprendre.

    Thadée Ndikumana, ministre de la santé publique a affirmé que le procédé « kwiyuka » entretient la santé de la personne. De même, la plante artemisia renforce l’immunité de l’organisme selon lui. Toutefois, lors d’une conférence de presse animée vendredi 5 juin 2020, il a insisté sur le fait que se faire soigner à une structure sanitaire habilitée est primordial.

    Le gouvernement et la réglementation

    Dans une note adressée aux médias le 17 janvier 2019, le ministère en charge de la santé publique a indiqué que les publicités ou mentions portant sur les propriétés thérapeutiques des médicaments traditionnels ne peuvent se faire que sur l’autorisation après vérification par les techniciens concernés.

    De même, l’assemblée nationale a adopté le 12 février 2020 une loi portant réglementation du médicament, l’exercice de la pharmacie, la profession d’opticien et l’art des tradipraticiens. Cette loi propose l’ouverture des pharmacies des médicaments traditionnels. Ladite loi stipule aussi la création d’une autorité régulant les médicaments à base des plantes ainsi que les remèdes traditionnels.

    L’exécution de cette mesure va mettre fin au commerce illicite de ce genre de médicaments. Cependant, ceux qui veulent cultiver les plantes médicinales voir même ouvrir des pharmacies devront le faire sur l’autorisation du ministère en charge de la santé.

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