Gishubi : fouilles archéologiques sur le site ritualiste de Kirwa

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    Depuis le 28 octobre 2020, une équipe de chercheurs archéologues mène des fouilles archéologiques sur le site ritualiste de Kirwa, lieu important dans l’organisation de la fête « Umuganuro », fête des prémices dans le Burundi monarchique.
    Situé dans la commune Gishubi, province Gitega, le site ritualiste de Kirwa jouait un rôle capital dans l’organisation de la fête « Umuganuro ».  En  plus d’être la résidence des grands ritualistes (Nankoni et Nzobe y’ikirwa), C’est là où la procession des vivres vers la cour royale commençait. Ces vivres étaient composés spécialement du sorgho sacré dit « Isugi ».
    Elie Sadiki, archéologue préhistorien, chef de l’équipe qui mène cette fouille indique qu’à côte de Nkoma et Magamba  où residaient les autres grands ritualistes  Ntare y’inkoma et Mwambutsa w’i Magamba , Kirwa était une des principaux sites rituels des organisateurs de l’Umuganuro.
    Chacun avait son rôle
    Constitué de 12 collines, Kirwa était la résidence de Nankoni qui était chargé des tambours lors de la fête. C’était lui aussi qui était chargé de forcer le roi à avaler la pâte cuite à partir du sorgho et de l’urine du taureau Semasaka pendant les cérémonies nocturnes précédant la fête.

    Il y résidait aussi Nzobe y’ikirwa chargé de la préparation du repas cérémonial composé de la pâte sacrée, de quelques bananes, des colocases cuites à l’eau et d’une bière de sorgho au miel.

    Ces ritualistes vivaient à la manière des princes. Ils avaient des ornements pareils aux insignes royaux tels que les tambours sacrés et taureaux sacrés. Le taurillon sacré de Kirwa s’appelait « Ntarubibe ». L’autorité du roi ne s’exerçait pas sur leur territoire. Quelqu’un qui était poursuivi pour un délit quelconque pouvait se réfugier chez eux.

    Pourquoi ces fouilles ?  
    « L’objectif principal est de retrouver d’abord les traditions liées à ce domaine des ritualistes pour enrichir nos connaissances sur l’histoire du pays », indique le professeur Elie Sadiki. Il ajoute que toutes les données matérielles et immatérielles vont être exploitées scientifiquement avant leur  exploitation touristique.

    Le Burundi étant un pays à tradition orale, ce genre de travaux permet de bien connaître l’histoire du pays et éclaircir scientifiquement quelques points d’ombre se trouvant dans les récits historiques transmis oralement.

    Ces travaux sont menés par une équipe de 16 archéologues de l’Université du Burundi, sur un financement du Gouvernement du Burundi.

     

    2 Commentaires

    1. Commenter :continuer à fouiller pour mieux nous éclaircir sur l.histoire de notre pays car il y a tant de choses que le gouvernement d.après notre accession à l.indépendance a volontairement négligé alors qu.elles sont incontestablement utiles . Nous sommes asoiffés de savoir d.où est venu le Burundi et ainsi pouvoir l.orienter . Chers Archéologues , je vous encourage ! Protais ndayikeza étudiant à l.UB

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