Les grossesses dans les écoles font rage à Muyinga

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    Le 2ème trimestre de l’année scolaire 2013/2014 commence avec une campagne dénommée « Zéro grossesse » en milieu scolaire dans toutes les écoles de la province de Muyinga, nous sommes au nord du pays.

    Blaise-Pascal Misago, directeur provincial de l’Enseignement à Muyinga, fait état de 12 filles engrossées au cours du 1er trimestre, alors que le rapport du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) révèle 70 cas de grossesses non désirées des élèves du primaire et du secondaire dans la seule commune de Muyinga l’année passée. Les auteurs de ces grossesses sont principalement les exploitants de l’or à Kamaramagambo en commune de Butihinda.

    Les établissements du milieu urbain sont les plus touchés. En effet, parmi les 12 filles engrossées au cours du 1er trimestre, 10 étudient dans les écoles du chef lieu de la province de Muyinga, à savoir l’Ecole Technique de Gestion (ETG) de Mukoni, Lycée communal de Muyinga et le Collège de la COMIBU.

    Agathe Minani, chargée de la planification à la Direction Provinciale de l’Enseignement regrette que même les filles des écoles primaires sont touchées. Ainsi, parmi les 70 cas documentés par le FINUAP l’an passé, 19 sont des écolières.

    Les responsables de l’enseignement à Muyinga indiquent que cette situation persiste à cause de l’impunité. Blaise-Pascal Misago souligne que la loi en vigueur est lacunaire car seuls les enseignants sont sanctionnés s’ils engrossent une élève.

    Parmi les stratégies en vigueur pour éradiquer ce fléau figurent entre autre la sensibilisation contre cette pratique et la création des comités d’alerte au niveau des écoles, organes regroupant les filles, chargés de dénoncer chaque cas de fille qui entretient des relations d’amitié avec les commerçants de l’or.

    Agathe Minani indique que de tels comités ont déjà été créés dans trois communes, Muyinga, Butihinda et Giteranyi, par la direction provinciales de l’enseignement en collaboration avec le comité Justice et Paix du Diocèse Catholique de Muyinga. Mais la meilleure façon de lutter contre cette catastrophe est, selon le directeur provincial de l’Enseignement à Muyinga, de mettre en place une loi spéciale réprimant les auteurs de ces grossesses, qui qu’ils soient.

    Alors que les parents demandent aussi de fortes sanctions pour combattre ce désastre, certains d’entre eux privilégient le règlement à l’amiable avec les auteurs de ces grossesses, qui payent beaucoup d’argent comme dote pour mariage, au lieu de les traduire en justice.

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