
Tous les Burundais se souviennent de la date du 29 avril 1972 mais personne n’a osé qualifier ce qui s’est réellement passé, selon le Président du Forum pour la Conscience et le Développement.
« En cette date une catastrophe s’est abattue sur le Burundi, qualifiée d’ikiza (drame).Mais qu’en est-t-il réellement ? Pourquoi personne n’arrive à nommer cet innommable ?» s’interroge Pacifique Nininahazwe, président du FOCODE.
Cet activiste trouve qu’au lieu que cette date continue à hanter les Burundais toutes les années comme un fantôme qu’on ne connait pas, il est plutôt important que les autorités instituent la date du 29 avril comme une journée de mémoire, en mémoire de toutes les victimes de cette tragédie innommable mais aussi en leur honneur. Il indique que cela pourra être l’occasion de réfléchir et de débattre sur ce qui s’est passé afin de dégager des solutions pour que le même drame ne se reproduise plus.
Pacifique Nininahazwe rappelle que la crise de 1972 a alimenté toutes les crises qu’a connues le Burundi.
« Cette crise a été le moteur des autres qui ont suivi. Il est donc important que la prochaine commission vérité et réconciliation qui sera mise en place arrive à clarifier l’histoire de 1972 pour apaiser les cœurs des Burundais.» A-t-il précisé.
Pour le Focode, la date du 29 avril devrait être une journée fériée, une journée de mémoire comme l’est l date du 21 octobre en mémoire de l’assassinat du Président Melchior Ndadaye et ses collaborateurs et des crimes qui ont suivi cet assassinat.
La crise de 1972 résulte d’une insurrection qui a éclaté le 29 avril 1972 dans certaines localités de la province de Bururi (Nyanza lac, Vyanda et Rumonge) au sud du pays. Cette insurrection a été suivie par une répression aveugle du pouvoir de Michel Micombero à travers tout le pays au cours de laquelle des centaines de milliers de Burundais furent sauvagement exécutés, alors que d’autres durent s’enfuir pour se réfugier dans les pays limitrophes dont la Tanzanie, le Rwanda et l’ex-Zaïre (Actuel République Démocratique du Congo). La tension foncière aiguë auquel est actuellement confronté le Burundi trouve ses origines dans cette catastrophe de l’histoire burundaise, mais qui est paradoxalement moins relatée.



