Des solutions pour juguler la pénurie du sang

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    Les syndicalistes du Centre National de Transfusion Sanguine, la direction dudit Centre et même les leaders de l’Association de Défense des Droits des Malades (ADDM) convergent sur une chose : « L’augmentation du budget alloué au fonctionnement du CNTS ».

    Des sources proches de ce Centre estiment à 575 millions Francs burundais de budget annuel réservé au fonctionnement de ladite institution.

    Mais selon ces mêmes sources, il faut plutôt 1,2 milliards de Francs burundais, ou défaut de ça, au moins avoir 1,1 milliards de francs burundais, pour permettre à cette institution de fonctionner « efficacement chaque année ».

    Passer de 575 million de francs burundais à au moins 1,1 milliards de francs burundais, permettrait à l’institution non seulement de bien travailler mais aussi de descendre sans problème sur terrain au moment où le manque de moyens logistiques se fait sentir aussi, comme le suggère notre source.

    Suivant le principe d’autonomie de gestion, il faut aussi la réouverture du compte du CNTS, un compte fermé il y a près de trois ans par ordre du Gouvernement.

    “Ceci aiderait le CNTS à contourner les contraintes liées aux procédures de passation des marchés pour l’approvisionnement des poches de sang ou d’autres matériels” continue notre source proche du CNTS.

    En effet, selon notre source, les procédures peuvent prendre même plus de 60 jours.

    « Plus le nombre de procédures est important, plus le temps de débloquer de l’argent devient long et ce sont des malades qui en souffrent» explique notre source, qui n’écarte pas aussi le risque « important des commissions » lors de la passation des marchés.

    Il faut aussi l’automatisation de la collecte du sang. Moise Ntibuburyo, président de l’Association de Défense des Droits des Malades dit que le taux de don de sang par 1000 habitants est en bas par rapport à beaucoup de pays de l’Afrique.

    « Il faut au moins 10 dons de sang par 1.000 habitants par ce qu’aujourd’hui, le taux n’est que 6,2/1000 habitants », estime t-il.

    En plus, l’automatisation fait que dans 10 minutes, une trentaine de donneurs donne leur sang et ce sang est testé sur place et même utilisé directement, chose difficile avec les moyens actuels du CNTS.

    « 60% des pays africains utilisent déjà une collecte automatisée. Pourquoi ne pas l’introduire au Burundi » se demande Moise Ntiburuburyo, qui signale par ailleurs des pertes en vies humaines suite à la pénurie du sang qui s’est observée ces derniers jours au Burundi.

    Au moment où la Ministre de la Santé Publique et de Lutte Contre le Sida Dr. Sabine Ntakarutimana dit ne pas avoir eu aucun écho en ce qui est des victimes de cette « panne », les représentants des malades eux ont certains cas de victimes, sans citer des cas des patients dont les rendez-vous d’opération chirurgicales ont été reportés jusqu’à ce que le sang soit disponible dans les stocks.

    Les inquiétudes du Ministre des Finance Tabu Abdallah Manirakiza tournent au tour du fait que la CNTS n’épuise pas son budget annuel ce qui fait que celui-ci tombe en annulation pure et simple à la fin de l’année fiscale.

    Mais du coté des syndicalistes, les causes de cet état de chose est d’abord dans le retard dans l’attribution des marchés pour l’achat du matériel et surtout les poches de prélèvement de sang.

    « Que peut-on faire d’une procédure de passation de marché qui peut durer jusqu’à 2 mois ? » s’étonne une source du syndicat du CNTS qui jette plutôt le tort à son hiérarchie qui n’a pas bien défendu la cause de son ministère quand le compte du CNTS a été fermé, le privant ainsi de son autonomie de fonctionnement.

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