Cibitoke : les syndicats des enseignants contre les contributions obligatoires

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    Les enseignants syndiqués de la province de Cibitoke s’inscrivent en faux contre la récente décision du Directeur Provincial de l’Enseignement à Cibitoke de verser une contribution de 3.000 francs burundais d’ici le, 12 décembre 2011 pour la construction des bâtiments de la province, apprend t-on des sources sur place à Cibitoke.

    C’est la correspondance N° 520.04/DPE.CIB/01/382/2011 du directeur de l’enseignement provincial adressée à tous les directeurs des écoles primaires et secondaires de la province de Cibitoke qui a mis la flamme aux poudres.

    « Tout enseignant qui n’aura pas exécuté fera l’objet de poursuites administratives », précise la correspondance.

    Selon certains des enseignants, la décision est inacceptable, du moment qu’elle a été prise sans consultation.

    « Cette décision est nulle et non avenue. En outre, elle a été prise de façon unilatérale par le directeur provincial de l’enseignement sans même concerter les enseignants », raconte un enseignant de l’Ecole primaire de Cibitoke.

    « Comment alors peut-on nous exiger de construire les bureaux de la province alors que nous ne sommes plus capables de joindre les deux bouts du mois? », s’interroge-t-il.

    Même tonalité du côté de sa collègue rencontrée au lycée de Mabayi. «On attendait plutôt à ce que la province accorde des facilités aux enseignants comme l’octroi des parcelles ou tout autre avantage. Il s’agit tout simplement d’une mauvaise surprise au moment où les enseignants comptent parmi les catégories des fonctionnaires les moins nantis au Burundi », affirme-t-elle.

    {{L’administration s’explique}}

    De son côté, le directeur provincial de l’enseignement à Cibitoke, Anicet Saidi, dit que les contributions prélevées chez les enseignants répondent à l’appel lancé par l’administration provinciale, ajoutant que l’apport de 2491 enseignants que comptent la province est largement appréciable.

    D’après le gouverneur de la province de Cibitoke, Anselme Nsabimana, chaque service décide le montant à contribuer pour la construction du bloc administratif.

    « La décision a été prise en concertation avec tous les chefs de service » précise le gouverneur Nsabimana, ajoutant que la contribution est facultative et qu’aucune sanction ne sera infligée à quiconque ne l’aura pas versée. Il indique par ailleurs que ces bureaux administratifs sont d’une grande utilité.

    Selon une source proche de l’administration provinciale de Cibitoke, cette dernière a entamé une phase d’extension de ses propres bureaux dans le cadre des travaux d’auto-développement initiés par le Chef de l’Etat. A ce moment, poursuit cette source, la province est à court de matériaux de construction.

    La même source ajoute que les ressortissants de Cibitoke manifestent moins d’enthousiasme à répondre à l’appel de l’administration de contribuer à la construction des bureaux provinciaux.

    « Les travaux de développement communautaire à eux seuls ne peuvent pas suffire pour achever le chantier, d’où l’ultime nécessité de recourir à d’autres ressources », conclut-elle.

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