
Pays charnière entre les pays de l’Afrique orientale et centrale, le Burundi pourrait jouir d’une meilleure intégration dans ces régions au niveau linguistique certes. Mais cette situation est aussi de nature à mettre en mal la langue française. Ce sont certaines des inquiétudes qui ont été soulevées par la presse lors d’un point de presse du ministre de l’éducation sur la célébration de la semaine dédiée à la francophonie du 20 mars 2012 sur le thème «le français est une chance».
Dans ce point de presse, les journalistes ont relevé un ensemble d’éléments de nature à mettre le niveau de la langue française sur une pente glissante malgré les contributions de certains pays membres de la famille francophone.
Selon eux, depuis le début la politique de l’éducation gratuite, les langues swahili et anglais ont été ajoutées sur le kirundi et le français qui, au départ, étaient seulement apprises à partir de la première année primaire.
Ils ont souligné que les spécialistes en éducation ont déjà soumis leurs inquiétudes selon lesquelles l’enfant à bas âge est incapable d’apprendre toutes ces langues en même temps et être à mesure de s’exprimer sans ambages.
«Les enseignants aujourd’hui ont en outre un niveau en français qui s’affaiblit du jour au lendemain,» ont ajouté les journalistes.
Suite aux difficultés qu’ils observent dans cette langue de Molière, beaucoup d’élèves rapatriés en provenance de la Tanzanie et qui avaient demandé à étudier en langue anglaise à cause de l’incapacité à s’adapter dans cette langue ont été, pour certains d’entre eux, contraints d’abandonner le banc de l’école malgré différents efforts du gouvernement en faveur de l’éducation pour tous.
Le ministre de l’éducation nationale, Séverin Buzingo, a reconnu l’existence de certaines difficultés qui, aujourd’hui, se trouvent à la base du faible niveau des élèves.
Selon le ministre de l’éducation nationale les conditions d’études des élèves ne sont pas meilleures car, suite à la politique de gratuité de l’éducation, les effectifs de scolarisés sont devenus pléthoriques.
Pour Séverin Buzingo , la langue française n’est pas du tout sur une pente glissante au Burundi car elle aussi bien utilisée dans l’administration que dans l’enseignement. Le gouvernement envisage la formation des enseignants dans le souci de leur permettre de répondre aux besoins des services avec efficacité.
Quant à ceux qui disent que l’apprentissage de quatre langues soit de nature à créer une interférence linguistique chez l’enfant, le ministre de l’éducation a dit que, jusqu’à présent, aucun rapport qui met en cause cette forme d’enseignement n’a encore vu le jour.
« Les enfants apprennent plutôt à développer les compétences à l’orale,» dit il.
L’ambassadeur de la France au Burundi, Pierre Lamy, a dit que la langue française est aussi une chance au Burundi. Selon lui, puisque le Burundi est un pays charnière entre les pays de l’Afrique orientale et centrale, les gestionnaires des politiques linguistiques au Burundi ont du pain sur la planche pour profiter de cet atout.
Les concepts portés par les langues de l’Afrique centrale constituent par ailleurs un apport important dans les diversités constructives de la francophonie.



