Les intellectuels dénoncent la non-implication des citoyens dans le processus d’intégration

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    Article produit par Nicodemus Ikonko, Agence est-africaine de Presse

    Arusha, 16 octobre 2012 (EANA) – Les intellectuels du Kenya, de l’Uganda et de Tanzanie ont reproché à la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) de s’être focalisé, au cours de ses dix d’existence, sur le gouvernement et le marché, laissant de côté l’implication du citoyen.

    Ces intellectuels présentaient les résultats de leur recherche au cours de la réunion de la Tribune Régionale sur la Vision de l’Afrique de l’Est (Regional Vision East Africa Forum) tenue à Arusha en Tanzanie la semaine dernière sur le thème « La participation du citoyen dans le processus d’intégration de l’EAC ».

    Le professeur ougandais Mwambutsa Ndembesa a fait remarquer aux délégués venus des cinq pays membres de la Communauté que trois des quatre étapes du processus d’intégration de la Communauté sont d’orientation économique.

    « L’Union douanière assure l’intégration des marchés ou des finances ; le Marché Commun semble être d’orientation à dominance économique, l’Union monétaire concerne l’intégration financière et enfin la Fédération politique. Nous ne voyons pratiquement rien dans cette gamme qui touche le citoyen ou l’intégration sociale » a dit le professeur Ndembesa.

    Il a expliqué que la notion de participation du citoyen était mentionnée dans divers documents du traité ressuscitant l’EAC mais aucune attention n’y a été particulièrement réservée. « Nous devons revoir et corriger le traité et y inclure l’intégration du citoyen »

    Le Docteur James Kasombo du Kenya a épousé ce point de vue sur le processus d’intégration. « Il est très focalisé sur les gouvernements. Les citoyens ne sont pas directement impliqués dans le processus.»

    Il a demandé aux partis politiques de la région à inclure les questions d’intégration régionale dans leurs manifestes pour promouvoir la participation du citoyen et compléter les efforts des organisations non gouvernementales et la société civile.

    La professeur Bernadette Killian de Tanzanie a toutefois dit que les résultats de la recherche ne conduisaient pas à dire que le projet de l’EAC était mort. « Qu’il y ait implication de la population ou pas, l’EAC fait des progrès remarquables. Ils viennent même d’achever un nouvel immeuble, siège de la Communauté qui pourrait être inauguré d’un moment à l’autre », a-t-elle dit.

    Les incohérences entre la bureaucratisation de la Communauté et l’implication de la population sont des questions qui peuvent être réglées au fur et à mesure que le processus avance, proposant que la prochaine étape de la Tribune soit d’évaluer la croissance de la Communauté.

    La réunion était conjointement organisée par la Vision East Africa Forum Ltd, une société civile de réflexion et le bureau de l’organisation allemande Friederich Ebert Stiftung en Tanzanie.

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