Retour d’Agathon Rwasa, plus de ploblèmes que de solutions

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    Les leaders du Front National de Libération (FNL) en visite dimanche à Isare en province de Bujumbura, ont annoncé que les divisions entre les membres de ce parti étaient terminées et que l’ancien président de ce parti Agathon Rwasa va rentrer.

    « Aujourd’hui, il n’y a plus de pro Rwasa, il n’y plus de pro Miburo. Il n’y a qu’enfants du FNL issus de Gahutu Remy », a déclaré Jacques Bigirimana, secrétaire Général du FNL (reconnu par le Gouvernement).

    Dans des cérémonies d’inauguration d’une permanence à Isare, Bigirimana a annoncé que le FNL reste indivisible et que Rwasa est le bienvenu au Burundi après plus de deux ans d’exile.

    « Si vous le voyez [Agathon Rwasa, Ndlr], ne le confondez pas avec l’ennemi », a annoncé Bigirimana dans son discours dans des cérémonies jonchées de danses diverses et de coupure de ruban, en signe d’ouverture d’une permane dans cette commune fief du FNL.

    Jacques Bigirimana a annoncé que si Rwasa revient au Burundi, il sera accueilli à bras ouverts par les membres de ce parti « comme un ancien leader de ce parti » avec des respects qu’il mérite.

    {{Agathon Rwasa, via son porte-parole réagit }}

    Au niveau du FNL (aile Agathon Rwasa), c’est une désolation après la descente à Isare. Aimé Magera, porte parole de cette aile dit être consterné par l’annonce faite par Miburo et son équipe.

    « Qui a dit que si Rwasa revenu sera accueilli par le CNDDFDD ou les Imbobnerakure [la jeunesse du parti présidentiel, Ndlr] ? » s’interroge Aimé Magera accusant l’aile de Miburo et Jacques Bigirimana d’être à la solde du pouvoir de Bujumbura et à la jeunesse de ce même parti et de se servir des moyens de l’Etat pour organiser des réunions du FNL alors qu’une ombre du pouvoir plane derrière eux.

    Selon lui, Agathon Rwasa n’avait pas mandaté cette autre aile pour annoncer son retour, annonçant que Rwasa et son équipe ont de la vision qui ne leur permet pas de « s’agenouiller devant le CNDDFDD et le pouvoir en place pour demander des postes ou des faveurs ».

    Par ailleurs, estime t-il, Miburo avait « démissionné en 2009 pour rejoindre la Ligue des Jeunes », et ce qu’il fait n’engage pas les membres du parti. Ainsi, l’aile de Miburo ne peut pas, par conséquent, annoncer le retour de Rwasa, car ce dernier n’a pas demandé à cette aile de le faire.

    {{Des conditions pour son retour}}

    Le retour de Rwasa au Burundi sera conditionné par une série de choses, raconte Magera. D’abord le « leadership du parti FNL », une question importante selon Magera, car le parti Front National de Libération doit être restitué à son ancien leader Rwasa au dépend de Miburo reconnu par le pouvoir en place au Burundi comme président du FNL

    En plus, Rwasa demande, via son porte-parole, la fin de la « persécution des membres du FNL » qui sont proches ou fidèles de Rwasa.

    Aimé Magera, joint par téléphone, souligne que des centaines de membres de ce parti ont été tués alors que Miburo Emmanuel et Jacques Bigirimana étaient toujours là. Sur ce, il faut, non seulement arrêter cette pratique d’exterminer certains des responsables du FNL ou militants proches de Rwasa, mais aussi traduire en justice les coupables des exécutions extrajudiciaires qui ont été au moins documentés par les Nations Unies.

    Le FNL pro Rwasa demande en fin la libération des prisonniers politiques, notamment les FNL qui sont dans les cachots pour des raisons politiques.

    {{FNL, au passé et au future troublé}}

    Agathon Rwasa, a été le dernier home politique à signer un cessez le feu après des années de crises armées qui ont pris des vies humaines dont l’effectif n’est pas négligeable.

    En 2010 alors qu’il briguait la présidence de la république, il va se retirer du marathon électoral, comme Nyangoma Léonard, Domitien Ndayizeye, Pascaline Kampayano et Alexis Sinduhije accusant la Commission Electorale Indépendante et le parti présidentiel le CNDDFDD d’avoir triché les élections communales de mai 2010.

    Quelques mois plus tard, Agathon Rwasa, comme certains autre leaders de la coalition ADC-Ikibiri née au lendemain de ces élections, prirent le large craignant pour leur sécurité.

    Profitant de cette absence, un groupe de membres de ce parti décident d’introniser un nouveau roi, Emmanuel Miburo, et son secrétaire général Jacques Bigirimana. Le ministère de l’intérieur va par la suite bénir les résultats de ce congrès tenu à Bujumbura et reconnaitra Miburo comme nouveau patron du FNL en remplacement de Rwasa.

    Ce dernier continua pourtant à réclamer la direction de son parti soulignant que ses remplaçants n’avaient pas respecté la loi en le limogeant. [Des têtes ont aussi tombé. Les Nations Unies ont documenté plus de 50 cas d’exécution extrajudiciaires,->http://www.un.org/apps/news/story.asp?NewsID=41912&Cr=Burundi&Cr1#.UZEEacrh21s] au moment où les organisations de la société civile déclaraient avoir recensé plus de 400 cas et la majorité étaient des FNL proches de Rwasa, en 2011.
    Malgré ces chiffres, le Procureur Général de la République Velentin Bagorikunda avait rejeté l’existence des cas d’exécutions, mais avait reconnu des cas isolés des tortures.

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