
Le vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères Belge Didier Reynders « déplore » la « décision » du Président de la République Pierre NKurunziza de promulguer en loi, le nouveau projet de loi régissant la presse au Burundi. Selon un communiqué de presse de ce mardi soir, le texte causera plus de problèmes que de solutions.
« (…) le texte tel qu’adopté par le Parlement pose de très sérieuses restrictions à l’exercice du métier de journaliste au Burundi et n’apparaît pas en conformité avec les engagements que ce pays a pris en tant que signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques », souligne un communiqué du Vice-premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères belge.
Le Ministre Reynders semble ne pas perdre d’espoir cependant en les instances gouvernementales en ce qui est de la mise en application de cette loi.
Selon le communiqué, elle « espère maintenant que les autorités burundaises feront preuve de modération et de discernement dans l’application de cette loi afin de ne pas nuire à l’élan de démocratisation et de réconciliation nationale imprimé notamment par les récents ateliers sur les élections ».
Didier Reynders avait exprimé sa préoccupation en rapport avec ce projet de loi qui oblige les journalistes à révéler certaines des sources de leurs informations. Lors de sa participation au sommet récemment tenu à Adis Abeba, (au cours duquel les pays fêtaient 50 ans d’anniversaire de l’Union Africaine), « Didier Reynders a d’ailleurs tenu à faire part de ses vives inquiétudes concernant cette loi sur les médias à son homologue burundais Laurent Kavakure ».
L’ancienne métropole du Burundi, via ce communiqué, « rappelle l’attachement de la Belgique à la liberté de la presse qui constitue l’une des garanties fondamentales pour la consolidation de la paix civile au Burundi ».
Au moment où d’autres projets de lois sont sur le point d’être analysées, votées ou même promulgués, la Belgique restera d’autant plus attentive aux développements législatifs à venir, particulièrement en ce qui concerne la prochaine loi sur les associations sans buts lucratifs, une loi qui va avoir un regard sur les actions de la société civile burundaise.
La Belgique est l’ancienne métropole du Burundi, et reste l’un des grands donateurs du Burundi.
La nouvelle de la promulgation de cette loi est tombée hier, pendant que le Président Nkurunziza était en visite au Japon.
Les organisations des professionnels des médias avaient condamné cette promulgation d’une loi « rétrograde », consacrant beaucoup d’amende aux journalistes sur la couverture de certains sujets comme l’économie, la défense, et surtout la révélation des sources, une garantie pourtant assurée par l’ancienne loi de 2003.



