
La police et les jeunes du parti au pouvoir ont empêché ce vendredi le président du parti MSD (Mouvement pour la Solidarité et le Développement) Alexis Sinduhije d’arriver en commune Mugina où il se rendait pour prêter une assistance sociale à 5 personnes de sa famille politique incarcérées à cause de l’ « intolérance politique », selon Sinduhije.
A bord d’un véhicule et accompagné de certains des membres du parti à la sixième transversale en commune de Buganda Sinduhije s’est heurté à la fureur de la jeunesse du parti présidentielle et de la police visiblement en colère contre sa visite.
Isidore Ntakarutimana l’administrateur communal de Buganda lui a dit que pour des raisons de sécurité, il ne peut pas arriver en commune de Mugina. Habillé en chemise rouge, en pantalon gris, l’homme fort de Buganda ne cessait d’appeler à l’aide de son téléphone mobile.
« Je suis dépassé », laissera t-il ensemble au milieu d’une foule de la population visiblement fâchée contre la police et les jeunes du parti au pouvoir.
{{Deux blocs}}
Face à cette situation, deux blocs se sont formés à coté de la population qui était venue s’imprégner de ce climat d’intolérance politique. D’un coté les jeunes du parti au pouvoir en collaboration avec certains éléments de la police voulaient bec et ongle que le président du MSD regagne Bujumbura d’où il était venu.
De l’autre coté, la population sur place a été scandalisée de voir que le leader du MSD n’est pas libre de mouvement à l’instar des autres burundais. Une guerre de mots est née entre la population et les jeunes du parti au pouvoir parce que ces derniers voulaient saisir le matériel de certains journalistes qui étaient sur les lieux. Comportement salutaire tout de même. Certains parmi les policiers ont protégé les journalistes qui allaient être livrés à la vindicte populaire. A la tête de ces Imbonerakure se trouvait le conseiller technique chargé des affaires sociales dans la commune de Buganda Sibomana Alexis et en même temps chef de ces jeunes du parti au pouvoir. Il intimait l’ordre à ces jeunes de malmener les membres du MSD pour que de gré ou de force ils retournent en Mairie de Bujumbura.
L’administrateur communal a été incapable de freiner le mouvement de ces jeunes Imbonerakure en proie à la fièvre politique. Dans l’entre temps, les responsables de la police et de l’administration était visiblement en contact par téléphones interposés.
La mort dans l’âme, le président du MSD a accepté de retourner à Bujumbura mais à condition que son avocat continue le chemin vers Mugina car il disait qu’il venait d’entendre que les 5 membres de ce parti qu’il allait rendre visite venaient d’être arrêtés et incarcérés au cachot de Cibitoke.
Dans un point de presse à son arrivée à Bujumbura, Alexis Sinduhije a déploré l’incapacité pour la police et l’administration de ne pas être en mesure de s’inscrire en faux face aux décisions prises par les jeunes envoutés par l’idéologie du parti au pouvoir.
« Le Burundi est un pays où un Imbonerakure peut gifler l’administrateur et n’être pas poursuivi par la justice. Il est illogique que le Burundi ait une troisième force composée de civiles qui échappent au contrôle de la loi », s’indigne Sinduhije.
Pour Alexis Sinduhije le président de la république n’a qu’à décréter le CNDD FDD parti unique puisque visiblement les leaders des autres partis politiques n’ont pas le droit de voir leurs membres à l’instar du parti présidentiel.
Fraichement rentré de l’exile, Sinduhije souligne que son parti le MSD ou même la coalition de l’opposition dont il est d’ailleurs membre ne désarmeront pas face à cette « intolérance politique » soulignant qu’un jour l’opposition va appeler la population à se défaire du pouvoir actuel.
Dimanche de la semaine écoulée, les jeunes du parti au pouvoir ont détruit des chaises sur lesquelles allaient s’asseoir les membres du MSD en commune de Mugina secteur Gitebe.
Dans la nuit du 26 courant, ils ont aussi attaqué 3 ménages des membres du MSD dans le même secteur.




