
Article produit par Mtuwa Salira/Agence est-africaine de Presse.
Arusha, 17 septembre 2013 (EANA) – Les commerçants de maïs dans la ville de Himo dans la province de Kilimanjaro, à quelques dix kilomètres au nord du poste frontière de Holili se plaignent de ce que la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) a été plutôt une menace qu’un avantage pour leurs commerces.
« La CAE ne nous aide pas. Elle a introduit une liberté illimitée à nos collègues du Kenya qui vont jusqu’à acheter directement le maïs chez le cultivateur pour enfin l’exporter au Kenya. Ceci menace notre commerce » a dit Modest Merkior, commerçant de cette importante céréale pour l’alimentation dans la région.
S’adressant à l’Agence indépendante est-africaine de Presse(EANA) Merkior a dit qu’à l’état normal, des commerçants d’un pays voisin devraient acheter le maïs et d’autres céréales au marché de Himo. « Mais ce n’est plus le cas » dit-il ajoutant que cela les fait patauger dans leur commerce.
D’autres vendeurs et propriétaires de maisons de stockage de la céréale dans cette localité, M. Samwel James et Chenono Herman ont abondé dans le même sens. Ils demandent au gouvernement tanzanien de mettre en place une politique en faveur de ses citoyens et de les protéger contres ce qu’ils appellent « un traitement injuste ».
« Cette liberté doit être limitée. Nos voisins devraient venir acheter à Himo ou dans d’autres marchés désignés à cet effet. Tu ne peux pas faire la même chose au Kenya » s’est amèrement plaint James.
Il a dit que s’il y avait de bonnes raisons pour un étranger d’entrer dans des zones reculées pour acheter le maïs, un tel commerçant devrait être accompagné par un Tanzanien.
Commerçantes et commerçants kenyans achèteraient du maïs, du riz, du haricot et des ognons dans plusieurs localités en Tanzanie, notamment à Kiteto, Mbulu et Babati dans la province de Manyara, et dans les provinces de Kilimanjaro et Tanga.
Les Commerçants tanzaniens se sont en outre plaints des institutions financières et des banques de leur pays qui ne font rien pour les soutenir, les invitant à faire des efforts pour les repérer et leur octroyer des crédits pour soigner leurs commerces moribonds.
« Pourquoi les banques comme la NBC( Banque commerciale nationale), la CRDB et autres ne viennent-elles pas nous enseigner et nous livrer des crédits pour nos commerces ? Pourquoi ces banquiers s’enferment-ils dans leurs bureaux au lieu de venir vers nous ? » s’est demandé l’un de ces commerçants, Amos Masiga, suggérant que « si j’avais une facilité financière, surement que j’améliorerais mon commerce ! »
EANA, en collaboration avec Vision East Africa (VEAF) –groupe de réflexion appuyé par le bureau tanzanien de la Fondation allemande Friedrich-Ebert-Stiftung(FES), est en train de mener une mission exploratoire dans des zones riveraines des postes frontières de la CAE pour voir si les citoyens de ces localités ont connaissance de la Communauté et de ses bénéfices.




