
Un effectif de 67.297 membres du FNL proches d’Agathon Rwasa viennent de signer “une pétition adressée au Chef de l’Etat (…) pour réclamer la réhabilitation du parti FNL et de ses leaders du Congrès National » qui avait élu comme président Agathon Rwasa.
Contrairement aux habitudes, les signataires étaient des membres des bureaux des conseils communaux, des leaders communaux ou provinciaux ou même du comité exécutif qui demandaient le retour de Rwasa à la tête du FNL. Cette fois-ci toutes les signatures étaient les bienvenus.
Agathon Rwasa, président contesté du FNL, qui a signé sur la lettre de transmission de cette pétition dit que le Président de la République doit “appliquer à la lettre la feuille de route vers 2015 convaincu à l’issue de l’atélier tenu sous les auspices des Nations Unies (…)”, “cesser la chasse à l’homme amorcée depuis la spoliation du parti FNL dirigée contre les membres épris du respect des Statuts du FNL (…)”.
Les signataires demandent aussi la libération inconditionnelle “des membres du FNL emprisonnés” parce qu’ils appartiennent au FNL et surtout se trouvant derrière Agathon Rwasa; bien que le nombre ne soit pas mentionné dans cette pétition.
Des listes des signataires comme on l’a vu, sont dans quatre enveloppes-sacs accompagnées par deux lettres au Président Nkurunziza demandant essentiellement “la réhabilitation du parti FNL et des leaders”, ici on comprend que c’est Agathon Rwasa, élu au cours du congrès de novembre 2009.
Des copies ont été réservées au Représentant du Secrétaire Général des Nations Unies au Burundi, les corps diplomatiques et les représentants des confessions religieuses.
{{FNL ou des conflits interminables }}
Créé dans les années 80 par des burundais réfugiés à l’étranger suite aux massacres qu’ a connu le pays, dont Gahutu Rémy, ce dernier sera le premier à être assassiné par poison comme le dit certains de ses compagnons de lutte.
Depuis cette période, des renversements des leaders de ce mouvement rebelle seront la règle. Karatasi, sera renversé par Kabura Cossan et ce dernier sera renversé par Agathon Rwasa.
Rentré de la rébellion en 2008, Rwasa sera élu une année après à la tête de cette formation politique qui venait de déposer les armes, mais cette élection ne va pas durer longtemps.
Agathon Rwasa va reprendre l’exile avec la fin des élections de 2010. Profitant de son absence et sous la bénédiction du ministère de l’intérieur, Jacques Bigirimana et Emmanuel Miburo vont organiser un pseudo-congrès pour évincer Agathon Rwasa.
Dans un autre congrès qui vient de se dérouler, Jacques Bigirimana a été élu président du FNL, en remplacement d’Emmanuel Miburo qui dirigeait le parti depuis 2010.
Selon Agathon Rwasa, le Gouvernement devrait plutôt rétablir le leadership du FNL parce que ceux qui ont été élus à la tête de cette formation politique ne sont que des griots du pouvoir en place au Burundi. Malgré cette demande vieille de plus de trois ans, Agathon Rwasa reste dans le collimateur de ses anciens collaborateurs qui, visiblement sont reconnus par le Gouvernement burundais, comme des vrais interlocuteurs pour le compte du FNL.
{{Rwasa suspect hier, suspect aujourd’hui }}
Depuis le départ de Rwasa en 2010, après les élections contestées remportées par le CNDD-FDD, Agathon Rwasa (qui dit n’avoir jamais quitté le pays) sera localisé à l’est de la RD Congo. Un rapport des experts des Nations Unies de novembre 2010 va le localiser à l’est du Congo où, selon ce rapport, l’ancien leader des FNL recrutait des combattants “les plus expérimentés” pour lancer une nouvelle rébellion. Mais curieusement, son nom ne sera plus cité dans un autre rapport des experts su le Congo qui est sorti plus tard.
De retours au pays en août dernier, Rwasa sera accusé par les dirigeants actuels du FNL que son retour ne vise pas la paix. Selon Jacques Bigirimana, qui s’exprimait devant les médias, Rwasa planifiait “le renversement” des institutions. Suite à ces accusations, Agathon Rwasa sera exclu, définitivement du parti FNL, une action qu’il va qualifier de “farce”.
Les membres de la communauté Banyamulenge d’origine congolaise vont aussi se présenter devant la justice burundaise pour réclamer la traduction devant la justice de l’ancien rebelle, accusé d’avoir ordonné l’attaque d’un camp des Banyamulenge en 2004 à Gatumba, une attaque qui a couté la vie à plus de 160 personnes.
Hier, toujours devant les médias burundais, Jacques Bigirimana a accusé Rwasa de continuer à semer la haine entre les membres du parti FNL.




