
Un conflit oppose l’Association d’Appui Animal à l’Institut National pour l’Environnement et la Conservation de la Nature INECN.
A l’origine, l’élevage des crocodiles par un opérateur privé dans des conditions inacceptables selon l’INECN qui l’accuse non seulement d’avoir fais du braconnage, mais aussi de n’être pas en mesure de les élever convenablement, ce qui risque leur disparition puisque depuis dix ans ils ne se sont jamais reproduits, explique Jean Claude Nshimirimana responsable du Parc de la Rusizi au nom de l’INECN.
Ces crocodiles sont aux nombre de huit et sont avec d’autres animaux notamment un chimpanzé, un babouin, des serpents et d’autres animaux.
Ils vivent dans une parcelle de 20m sur 20 mètres, à 200 m dudit parc dans la zone Gatumba de la Commune Mutimbuzi.
Albert Ngendera, le représentant de l’association, a adressé une demande au Ministère de l’Environnement pour qu’on lui octroi un espace plus grand de 20 ha dans le parc de la Rusizi et 50 m dans l’Eau pour que ces animaux puissent s’épanouir et aussi se reproduire, mais l’objectif principal étant de développer le tourisme dans le Parc de la Rusizi en construisant un zoo.
Etant considéré comme braconnier, il n’est pas en droit de demander quelque faveur que ce soit, souligne Jean Claude Nshimirimana.
Selon lui, cet endroit qu’il demande est un endroit qui renferme une biodiversité qu’on ne peut trouver ailleurs, notamment des hippopotames, des oiseaux de plusieurs sortes, et qui, de surcroit, ne peuvent pas être cédés à un tiers.
“S’il advenait que l’espace qu’il demande lui soit attribué, ce serait une façon d’effacer le service de l’écotourisme dans le Parc, parce que tous les visiteurs sont emmenés vers cet endroit.”dit-il.
En plus des lois et textes régissant ce parc ont été signés par le gouvernement, Nshimirimana s’insurge:
«A moins que tous ces textes soient révisés. Déjà, il y a une loi sur l’eau qui prévoit une zone tampon 150 m et un décret qui délimite l’espace de ce Parc ».
Ngendera Albert, le Représentant de l’association, trouve plutôt choquant qu’on lui demande de retourner ces animaux dans leur habitat naturel.
« C’est minimiser tous les sacrifices financiers que j’ai consentis pendant 10 ans!! D’abord je veux mentionner ici, que ce n’était pas du braconnage.
«Ces crocodiles, je les ai pris chez moi pour les protéger de ceux qui les mangeaient à l’époque de la guerre civile, j’ai même demandé par après la permission de les garder chez moi et je l’ai eue”, continue t-il.
«Alors aujourd’hui, je trouve que tout cela c’est une manière de chercher à me retirer mes animaux! Mais il faut que cela se fasse comme il faut». Souligne-t-il.
Il explique que ce ne sera pas une surprise s’il arrive que demain ou après demain son projet soit détourné par l’INECN qui n’a aucune idée de ce qui se passe ailleurs pour ce qui est du Tourisme!!
Sur ce conflit, le cabinet du président a déjà demandé formellement au Ministre de l’Eau de l’Environnement de l’Aménagement des territoires et de l’Urbanisme d’octroyer ce terrain à cette association comme cela transparait dans la lettre adressée au ministre par Alain Guillaume Bunyoni, chef du Cabinet Civil du Président.
L’Action Ceinture Verte, ACVE en sigle, quant à elle exige que ces crocodiles soit libérés de cette endroit que Jacques Nkengurutse, vice Président, qualifie de prison.
Il demande aussi à la personne du Chef de Cabinet Civil du Président de la République de revoir les textes et lois en vigueur qui protègent ce Parc.
“Alain Guillaume Bounyoni fait partie de ceux qui doivent faire respecter les lois en premier, je trouve qu’il n’est pas trop tard qu’il revienne sur son injonction pour ramener à la raison le responsable de l’association, Appui Animal, à remettre ces crocodiles”, déclare Jacques Nkengurutse.
Les crocodiles du Burundi sont des espèces dits crocodiles du Nil. Ils sont identifiables par la forme de leur tête.
Gaspard Ntakimazi, Professeur à l’Université du Burundi en biologie explique que c’est parce qu’ils ont été vus pour la première fois dans le fleuve Nil.
D’après toujours Gaspard Ntakimazi, ailleurs les crocodiles sont élevés et exploités, mais des accords doivent être signés entre les autorités publiques en charge de la protection de ces derniers et ces exploitants pour prévenir leur disparition.
Ces crocodiles sont parmi les espèces qui ne se multiplient pas beaucoup. Leur taille et leur reproduction dépendent de leur alimentation; plus ils mangent beaucoup plus ils se reproduisent et grandissent.
D’après ce professeur de l’Université du Burundi, l’élevage des crocodiles est possible puisque cela se fait ailleurs mais en respectant les codes et lois qui les régissent.
Pour le cas de ces crocodiles élevés, il précise qu’ils ne peuvent pas se reproduire puisque ils s’accouplent seulement quand ils sont dans leur habitat naturel.



