Etats Généraux sur l’agriculture oui, et les actes ?

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    « Le lac Tanganyika offre des opportunités inédites au Burundi en matière agricole mais les innovations pour l’exploiter sont minces car personne n’y pense » ce sont les propos d’un des cultivateurs qui a pris part aux états généraux de l’agriculture ce mardi au deuxième jour de cette activité. Certains des cultivateurs semblent douter de la prédominance des paroles par rapport aux actes qui en résulteront.

    Il s’appelle Festus Ciza , un cultivateur en commune de Rumonge. Non costumé à l’instar de la plupart des autres et à l’écart de la politique burundaise selon ces propos, Festus Ciza promène un regard tout autre sur l’impact de cette rencontre par rapport aux défis faisant parler d’elle dans le secteur agricole. « C’est la troisième fois que le ministère organise une rencontre du genre. Nous n’avons besoin de beau discours mais plutôt des actes de nature à venir à bout de la famine dans ce pays », a-t-il souligné.

    Festus Ciza a tout de même relevé une série de facteurs qui constituent pour lui une aubaine pour le Burundi. Pour lui, le lac Tanganyika offre des opportunités mais le Burundi ne exploite pas non pas par manque de spécialiste en la matière mais pour des rasons que l’on ne connait pas encore. « Allez en Israël, ils produisent jusqu’à exporter la richesse agricole grâce au Nil, qu’est ce qui nous empêcherait d’exploiter le lac Tanganyika dans nos rivières si les habitants de la capitale boivent à partir de leurs maisons » a-t-il ajouté.

    Pour lui, les politiques se sont rencontrés pour parler comme en 2010 uniquement. « Nous nous étions convenus en 2010 avec le ministre de l’agriculture et de l’élevage que l’urbanisme n’allait pas cautionner que Carama soit viabilisé mais voilà combien de maisons sont érigées dans cet espace aujourd’hui ? Les spécialistes ne cessent de conseiller que la plaine serve pour la croissance agricole mais l’idée n’a pas de place visiblement parmi les décideurs politiques », a-t-il souligné.

    Festus Ciza estime qu’à certaines occasions, les décideurs devraient plutôt trouver solutions à certains défis au lieu d’en prendre pour des causes de la faim au Burundi. « La croissance démographique est certes un problème pour le pays mais sous d’autres cieux une population jeune constitue un facteur de croissance économique, regardez la Chine », a-t-il indiqué.

    Festus Ciza interpelle le gouvernement du Burundi a revoir à la hausse jusqu’à plus de 10% le budget alloué au ministère agricole comme le veut le protocole de Maputo. Là encore, il souligne que l’important n’est l’affection dudit budget mais la facture qui sera orientée dans les besoins clés de la population à la base comme le fumier, les intrants agricoles et bien d’autres.

    Depuis ce lundi, les hautes autorités du ministère en collaboration avec les partenaires relèvent les défis dans le secteur agricole. Ce jeudi, les recommandations seront publiques. Pour cet agriculteur, il serait mieux de ne pas se limiter aux paroles comme pour les deux premiers états généraux de l’Agriculture de l’élevage.

    Le Burundi se trouve parmi les derniers pays au monde qui accusent une famine au monde selon les exposés du premier jour. Pierre Nkurunziza a indiqué que le Burundi attend de ces Etats Généraux des recommandations de nature à faire inverser la tendance de malnutrition et asseoir une sécurité alimentaire durable dans le pays. En attendant, à quoi auraient servi les recommandations des deux premiers états généraux ?

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