Un “hélicoptère made in Burundi”

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    Treize burundais tous mécaniciens ont créé un « Centre d’essai aéronautique de Gitega. » Ils habitent le centre urbain de la province Gitega au centre du pays. Ils ne savent pas à quelle date prendra fin leur projet mais restent confiants que tôt ou tard, leur avion s’envolera.

    Rencontrés sur les lieux, le concepteur du projet nous a parlé d’un rêve de son enfance, un rêve qui selon lui, va enfin pouvoir se concrétiser : la fabrication d’un avion. Il s’appelle Gustave NIBIZI, âgé de 31 ans. Pour lui, le moment de la révolution scientifique est venu pour les jeunes africains en général et les Burundais en particulier.

    « Nous nous sous-estimons. Commencer par un hélicoptère, c’est montrer que nous aussi nous sommes capables de faire ce que font les occidentaux.»

    Rien ne se fait au hasard. Ce jeune burundais affirme avoir passé six ans à se documenter sur la conception des avions. « Je me suis approché d’anciens pilotes, j’ai lu beaucoup de livres, j’ai également eu la chance de faire des cours par correspondance,… »

    Six mois viennent de s’écouler étant à l’œuvre. Lui et ses camarades ne travaillent pas tous les jours. « C’est parce que nous utilisons nos propres moyens, nous ont-ils confié. »

    Cet hélicoptère à deux places se fabrique dans une maison qui se trouve au chef-lieu de la province Gitega. Tout ce qu’ils utilisent est acheté au Burundi. Difficile de croire qu’un moteur d’une Volkswagen puisse faire marcher un avion. Le jeune talentueux rassure car selon lui, « il est appelé moteur d’une voiture parce qu’on le trouve sur une voiture, utilisé sur un avion, il est moteur d’un avion. » Entre autres performances, il aura une vitesse maximale de 54km/h et volera jusqu’à 300m du sol. Le pilote et son co-pilote proviendront d’eux-mêmes.

    Certains pensent que ces mécaniciens sont de simples aventuriers. Mais d’autres estiment qu’il faudrait plutôt les encourager. Les autorités provinciales sont au courant de cela mais se gardent de tout commentaire. Le conseiller principal du gouverneur précise toutefois que seuls les services spécialisés dans le secteur de l’aviation civile peuvent se prononcer sur cette entreprise.

    Un centre d’essai aéronautique doit être effectivement certifié par non seulement l’autorité de l’aviation civile du pays mais aussi par l’organisation internationale qui s’en charge. Albert Maniratunga, directeur de l’aviation civile de Bujumbura trouve que le mieux pour ces jeunes burundais, serait de consulter les experts en la matière pour mieux avancer. Sinon, le Burundi risque d’être taxé comme étant un pays entrain de faire une aventure sur les ultralégers motorisés qui pourraient engendrer des conséquences énormes.

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