Muyinga: Les Batwa évoluent!

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    {{Quarante et un ménage de l’ethnie batwa ont régularisé leur mariage devant l’officier d’Etat civil à Muyinga le weekend passé. Célébration de masse pour prouver leur engagement à se conformer à la loi, manifestation de l’évolution des mentalités chez cette minorité ethnique longtemps victime de la discrimination de la part du reste de la population.}}

    Résidents des collines Mukoni, Rusengo et Ruganirwa de la commune Muyinga, les 41 ménages de l’ethnie Batwa se sont donné rendez-vous au tribunal de résidence de Muyinga. C’est là où a été célébré leur mariage officiellement ce weekend.

    Jurer fidélité entre couple devant un officier d’Etat civil pour rompre avec le concubinage habituel chez les Batwa, c’est la raison avancée par Audace Miburo allias MAKADO, un des chefs de ces ménages.

    Par ailleurs, certains Batwa affichent toujours leur réticence quant l’inscription des mariages à l’Etat civil, affirmation d’Aimable Sibomana, secrétaire de l’association Union des Jeunes Batwa pour le Développement Intégral de la Communauté UJEDECO.

    Pour cet homme, un MUTWA, diplôme d’enseignement en poche et vivant dans le village des batwa à Ruganirwa, plusieurs raisons expliqueraient cette attitude des batwa à se conformer aux exigences de la loi : la pauvreté et l’ignorance de la loi.

    Ces Batwa ayant régularisé leur mariage ce weekend vivaient en unions libres depuis des années malgré des appels incessants des autorités administratifs à la régularisation des mariages. Le manque de deux mille francs burundais, somme exigée pour être inscrits au mariage, voilà la raison avancée par ces couples pour justifier leur irrégularité.

    Sans propriété foncière pour cultiver comme d’autres paysans burundais, la ressource de revenu étant la vente des pots à raison de 200 fr. ou 300 fr.bu par unité, il est rarement facile de faire des économies de 1000 fr.bu chez cette communauté.

    Cette fois-ci, suite au plaidoyer et à l’encadrement de ces jeunes mariés par l’APDH (Association Pour la Paix et les Droits de l’Homme), la commune Muyinga a accepté l’inscription de ces couples de Batwa sans exiger un seul sou.

    D’après Ernest NGABISHENGERA de cette organisation dont les membres ont en grande partie servi de parrains et marraines à ces couples indépendamment des ethnies, l’intégration doit aussi se faire par la connaissance et le respect de la loi du pays.

    Un pas en avant dans d’autres domaines

    Estimés à plus de1170 ménages dans toute la province de Muyinga, statistiques de l’UJEDECO, cette communauté est fière actuellement d’avoir 53 élèves du secondaire, quatre jeunes diplômés dans toute la province, aucun de niveau université.

    Plus de 500 écoliers suivent régulièrement les cours et dans les communes de Gasorwe, Buhinyuza, Muyinga et Butihinda, des leçons d’alphabétisation sont données aux femmes Batwa.

    En politique, cette communauté a des représentants au sein des conseils communaux en communes Buhinyuza, Mwakiro, Butihinda et Gasorwe. Les Batwa regrettent de ne pas être représentés à d’autres échelons, pas même un seul chef de colline Mutwa sur les 230 que compte la province.

    Avec les échéances éléctorales de2015, Aimable SIBOMANA éspère que par la cooptation beaucoup plus de Batwa vont intégrer les institutions du pays, surtout ceux ayant déjà empochés leurs diplômes. Le pari à gagner d’après des BATWA croisés devant le tribunal de résidence de Muyinga, s’intégrer progressivement dans la société burundaise par des actions concrètes aux cotés des hutu et tutsi, les deux autres composantes ethniques du Burundi.

    Dieudonné NZEYIMANA

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