
Ce mardi matin, une mère qui venait d’accoucher à la Clinique Prince Louis Rwagasore a perdu sa vie à cause du manque du sang à la transfuser, selon des membres de sa famille trouvés sur place, les yeux pleins de larmes.
La défunte venait de la commune Nyabihanga en province de Mwaro (centre du pays).
Selon ses proches qui étaient sur les lieux, elle était venue à Bujumbura où elle espérait trouver les médecins, qui interviendraient rapidement en cas de complication, ainsi que du matériel suffisant pour l’opération de césarienne qui était prévue depuis un certain temps.
L’opération a commencé à 7h du matin ce mardi, comme l’a relaté l’un de ses parentés qui l’avait accompagnée. Après que l’enfant ait né, la même source précise que la maman a eu une hémorragie, et la clinique n’avait pas du sang pour la transfuser.
Ce manque de sang n’a pas été communiqué à ses proches qui se plaignaient qu’ils auraient dû s’arranger autrement.
« Nous avons été mis au courant vers 9h, donc 2 heurs après l’opération », a déclaré, avec les larmes dans les yeux, une de ses parentés.
Un des membres de la famille de la défunte qui a le même groupe sanguin que cette dernière, (c’est-à-dire O+), s’était proposé de donner du sang, mais la clinique a manqué une poche dans laquelle le mettre. Les membres de la famille vont se diriger au Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) espérant y trouver la poche mais le scénario se répète: Pas de poche de sang et par ailleurs, son personnel est en grève.
Ses mêmes parentés signalent qu’ils ont fini par trouver, à 7000 F bu (( 4.2 USD) ou (3.5 Euro) ), une poche de prélèvement du sang, à l’hôpital Roi Khaled, mais c’était déjà trop tard.
Le Directeur du CNTS confirme le manque des poches de prélèvement du sang dans tout le pays.
Le docteur Gilbert Nduwayo dit que la rupture du stock a été causée par la lenteur des fournisseurs de ces poches.
« Probablement que c’est à cause des dettes que le CNTS a envers ses fournisseurs, mais ces derniers jours nous avons essayé de rembourser une partie de ces dettes » ; a déclaré le directeur du CNTS.
Outre ces dettes, le docteur Gilbert Nduwayo évalue à 50 millions les dettes que les autres hôpitaux ont envers ce centre, ce qui leur cause parfois les difficultés de remboursement.
Mais il promet qu’il y a un lot commandé qui arrive aujourd’hui, mercredi, en provenance de l’Ouganda.
Ce problème de manque de sang se fait même parler dans d’autres provinces de l’intérieur du pays.
Au centre de transfusion de Gitega, il n’y avait qu’une poche de prélèvement du sang, le matin de ce mardi, et à celui de Bujumbura, aucune poche jusqu’à 11h, à part 80 poches qui provenaient de l’hôpital de Nyanza-lac (Donc le reste de ce que l’hôpital avait commandé).



