Les rescapés des massacres de Rukarama n’accèdent pas aux tombes des leurs

    0
    596


    Les rescapés et familles des victimes des massacres du 01 / 01/1998 avaient demandé d’accéder à la fosse commune où sont enterrés plus ou moins 600 corps des victimes de cette tragédie.

    Selon leur correspondance, la coalition des rescapés de ces massacres précise qu’ils n’accèdent plus aux tombes des leurs, depuis que cette fosse commune a été mise dans les périmètres gérés par l’aéroport international de Bujumbura. Ces corps y ont été enterrés sur ordre du Président de la République d’alors Pierre Buyoya, rappelle le représentant de ces rescapés.

    « Jusqu’en 2008 nous pouvions y accéder et déposer les gerbes des fleurs en la mémoire des nôtres », dit Célestin Ruribikiye. Mais depuis que toute l’espace couvrant l’aéroport internationale de Bujumbura a été clôturée, cette fosse commune s’est retrouvée dans cette espace a-t-il ajouté.

    Dans leur correspondance de demande d’accès à cette fosse commune adressée au directeur de l’aéroport international de Bujumbura, cette coalition des rescapés précise que leurs proches ont péri dans les combats qui opposaient l’armée nationale et les groupes rebelles qui opéraient dans les environs de la réserve naturelle de la Rukoko.

    Parmi ces groupes figuraient le Parti pour la Libération du Peuple Hutu- Forces Nationales de Libération (PALIPEHUTU-FNL), dirigée à l’époque par Kossan Kabura selon toujours ces rescapés. « Parmi ceux qui nous ont attaqué, certains parlaient Kinyarwanda ».

    Malgré leur demande, l’accès à cette fosse commune leur a été refusé pour la seule raison que cette fosse commune se trouve dans les périmètres de l’aéroport. La réponse qui leur est donnée par l’administration est toujours la même. « Attendre les enquêtes de la commission vérité et réconciliation ». Mais ces rescapés disent qu’ils voulaient eux aussi y accéder à l’instar des familles des victimes des massacres de Bugendana, Kivyuka, Itaba, et ailleurs.

    Ce 01 Janvier 2015, Célestin Ruribikiye précise que les rescapés et les familles des victimes vont se souvenir des leurs dans la messe qu’elles vont célébrer comme pour les années antérieures. « Apres la messe, nous allons déposer les gerbes des fleurs tout autour de l’aéroport internationale de Bujumbura ».

    L’administrateur de la commune Mutimbuzi déplore qu’ils ne soient pas autorisés d’y accéder. Mais Jean Marie Vianney Mutabazi leur demande de respecter la loi.

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici