
Après l’incarcération du journaliste Bob Rugurika, le Directeur de la Radio Publique Africaine(RPA), le tout puissant Général Adolph Nshimirimana cité parmi les présumés commanditaires de l’assassinat de trois sœurs de nationalité italienne de la paroisse Guido Maria Comforti de Kamenge se la coule douce malgré les cries de désespoir tous azimuts.
Les noms de certains généraux dont celui de l’ex-Administrateur du Service Nationale de Renseignement et celui de l’agent Joseph Niyonzima alias Kazungu reviennent souvent dans des dossiers louches. Les deux hauts gradés sont considérés comme des emblèmes de complaisance de la justice burundaise pour des affaires qui impliquent directement les hautes personnalités de l’Etat.
Le dossier le plus récent en date dans lequel le Général Adolphe Nshimirimana est cité, c’est l’assassinat des trois sœurs de la paroisse Guido Maria Comforti de Kamenge. La publication de son nom et ceux des autres agents de la police nationale par la RPA a valu l’arrestation et l’emprisonnement du directeur de la RPA, un message fort à l’endroit des défenseurs des droits humains qui ne savent pas tenir leurs langues.
Bob Rugurika se retrouve aujourd’hui dans la même place qu’occupait Pierre Claver Mbonimpa, président de l’APRODH pour avoir lâché que sur le sol congolais dans la localité de Kiliba Ondes, une milice burundaise était en formation militaire. Les voies de la société civile avaient laissé entendre que le Général Adolphe Nshimirimana et Kazungu étaient les principaux artisans de la formation de cette milice, des voies qui ne seront pas entendues.
Dans l’attaque de décembre dernier dans les communes de la province Cibitoke, c’est le Général Allain Guillaume Bunyoni qui s’invite dans le débat. Son nom et celui de l’ex-Administrateur du Service Nationale de Renseignement sont évoqués par les prisonniers de guerre attrapés sur le champ de bataille. Ils conditionnent la présence des deux Généraux de la police pour sortir de leur silence, ont indiqué la population sur place et les sources policières. Jusqu’aujourd’hui, leur demande n’a pas encore connu de suite.
Les burundais se souviennent toujours du massacre de Gatumba survenu le 18 septembre 2011 qui a coûté la vie à 39 personnes. Innocent Ngendakuriyo alias Nzarabu l’inculpé principal dans ce dossier a cité le Général Adolphe Nshimirimana et Kazungu comme planificateurs de l’attaque de Gatumba. Celui-ci a demandé la comparution des deux personnalités, mais la justice brillera par son incapacité à convoquer l’homme fort de la police présidentielle d’alors et son protégé.
Le dossier le plus emblématique de la défiance des Généraux de la police face à la justice, c’est l’assassinat en avril 2009 d’Ernest Manirumva, l’ancien vice président de l’Organisation de Lutte Contre les Malversations Economiques (OLUCOME). Le rapport de la FBI avait suggéré l’expertise des services de renseignement américains via l’ambassade des USA à Bujumbura par le prélèvement de l’ADN de certains hauts gradés de l’armée et de la police dont celui du Général Adolphe Nshimirimana, ce qui était aussi le vœu de la société civile burundaise, mais qui ne sera jamais exhaussé.
Les défenseurs des droits humains crient au scandale et se demandent où est la justice!




