La vie reprend timidement dans les quartiers contestataires de la capitale Bujumbura. A Nyakabiga, les écoliers ont regagné l’école malgré une peur persistante, sequelles des manifestations contre le 3è mandat de Pierre Nkurunziza. 
Jusqu’à 7h15 du matin, on voit beaucoup d’enfants sur l’avenue dit Muyinga et sur l’avenue de l’imprimerie dit de la mort du quartier Nyakabiga. D’âge compris entre 6 à 20 ans, des sacs à leurs dos sont le seul indice pouvant permettre de les identifier. Les élèves qui vont à l’école.
Evidemment puisque dans ces environs il y a plus de 4 écoles primaires et secondaires. Interrogés sur leur tenue, ces enfants avec un air amusant répondent tout simplement, « pour qu’ils ne nous barrent la route…Les manifestants… Si on porte des uniformes ils nous identifient immédiatement et on ne pourrait pas faire 200 m. »
La plupart sont accompagnés de leur parent ou membre de leur famille et restent jusqu’à l’heure de la rentrée. « On est un peu inquiet mais bon… Ils doivent terminer le trimestre » lâche une des mamans rencontrées sur place.
Seuls certains des élèves des écoles privés ne portent pas d’uniformes. Ceux des écoles publics en portent. Ils auraient repris les cours pendant 2 semaines et la semaine qui a suivi était pour les examens qu’ils viennent de terminer la plupart.
Ces parents inquiets sont aussi un peu révoltés du minerval qu’on leur exige de payer pour ce 3eme trimestre alors que les enfants n’ont étudié que quelques jours. « Comment se fait-il qu’ils nous exigent de payer tout le minerval du 3eme trimestre alors que en réalité, pour le ce trimestre, ils n’ont presque fait que des examens ? C’est inacceptable.»
Certains des professeurs qui ne sont pas eux aussi très convaincu de cette situation préfèrent expédier leurs examens sur certaines écoles.
Les parents, partagés entre cette peur d’envoyer leurs enfants à l’école alors que la sécurité semble toujours incertaine et la colère contre les directions qui leur exigent le minerval, ils ne savent plus sur quel pied danser. En tout cas, Ils refusent que cette année soit blanche pour leurs enfants et du plus profond d’eux espèrent que ce trimestre aille jusqu’au bout.
Les examens étant terminés pour nombreux, il ne reste que ceux de la 6 ème année primaire et de la 1ere année au secondaire qui préparent le concours national et l’examen d’Etat prévus successivement le 07 et le 03.
Interrogés sur les préparatifs, ces futurs lauréats affirment que les préparatifs vont bon train, mais craignent la passation de ces examens « c’est vrai qu’on se prépare mais ici tout change d’un moment à l’autre » mais espèrent que cette énergie qu’ils sont entrain de fournir ne tombe pas à l’eau.
Même si il n’y a plus de manifestations dans ces quartiers dits contestataires, on retrouve toujours des graffitis sur presque toutes les routes goudronnées. Et même si les activités semblent reprendre peu à peu le jour, il est rare qu’une semaine se termine sans entendre raisonner les tirs d’armes nourris de grenade la nuit.



