L’après-midi de samedi a été longue pour les résidents des quartiers Mutakura et Cibitoke au nord de la capitale Bujumbura. Le bilan des morts est macabre.
Cinq corps sans vie gisaient le matin de ce dimanche à la 10è avenue du quartier Cibitoke alors qu’un autre se trouvait à la 8è avenue. Parmi les victimes figurait un handicapé qui marchait même à l’aide des béquilles
C’était la désolation au sein d’une foule immense qui s’était rassemblée à la 10 è avenue autour de ces corps. Ces corps allongés et maculés de sang présentaient des blessures partout dans le corps.
D’après les témoignages recueillis sur place, ces personnes auraient été tuées après 19 de ce samedi et accusent les policiers en collaboration avec certains jeunes de Cibitoke et de Kamenge d’avoir tué des personnes, ce que nie le porte-parole de la police. Deux autres ont été tuées dans l’avant-midi dans le quartier Mutakura.
Tout a commencé vers 11 heures quand des policiers en patrouille ont été attaqués à la grenade selon Pierre Nkurikiye, porte-parole de la police.
« Les policiers répondaient à l’appel lancé par la population qui voulait leur montrer le lieu où était gardées ceux personnes kidnappées. Quand ils sont arrivés sur les lieux, ils ont été accueillis par des jets de grenades », indique Pierre Nkurikiye.
Des explosions de grenades et des tirs nourris se sont poursuivis jusque dans la nuit dans presque toute la zone Mutakura. Les résidents indiquent qu’ils n’ont pas mangé pendant toute la journée de samedi car ils ont passé tout le temps enfermés dans leurs maisons.
Dans la zone voisine de Kamenge, deux grenades ont également explosé pendant la nuit, blessant cinq personnes dans le quartier Gikizi et trois autres dans le quartier Gituro.
A part Cibitoke, la zone Musaga au sud de la capitale a également été secouée par une insécurité. Selon toujours le porte-parole de la police, quatre grenades ont été lancées et une fusillade s’en est suivie entre les forces de l’ordre et ces assaillants.
Pierre Nkurikiye demande à toute personne possédant une arme illégalement de la remettre au lieu de chercher à s’attaquer aux forces de l’ordre.




