La crise socio-politico- sécuritaire que traverse le Burundi depuis sept mois a causé des troubles psychologiques et des rechutes chez les malades mentaux du centre Neuro psychiatrique de Kamenge CNPK. Selon Frère Hypollyte Manirakiza Directeur du CNPK, les enfants qui entendent des crépitements d’armes ou qui voient des cadavres jonchant les rues sont particulièrement affectés.
D’après le directeur du CNPK, des troubles psychologiques ont augmenté surtout en Mairie de Bujumbura même si des études y relatives n’ont pas encore été faites. Plus de 50 % des patients de l’intérieur du pays et 45 % de la mairie de Bujumbura ne sont pas allés récupérer leurs médicaments par peur. Cela a entrainé une augmentation sensible des cas de rechutes.
Une certaine fragilité psychologique a frappé les enfants comme les adultes de divers quartiers de la Municipalité de Bujumbura. Consécutivement à cette situation, le CNPK a enregistré beaucoup de patients qui racontaient tout ce qu’ils ont vu (des morts) ou entendu (crépitements d’armes).
Selon toujours frère Manirakiza, les enfants perdent de plus en plus l’espace sécuritaire et vivent alors l’espace pathogène.
Ce responsable de l’établissement dit « kwa Legentil » conseille aux jeunes burundais de peser le pour et le contre et de prendre la distance face aux tueries qui s’observent aujourd’hui. Manirakiza suggère aux familles de protéger leurs jeunes enfants afin de les aider à bien préparer leur avenir.
Dans le but de prévenir les risques des troubles psychologiques liés à la situation sécuritaire actuelle, ce centre entend inaugurer bientôt un centre d’écoute pour les moins de 18 ans.



