Ruyigi : encore loin de l’éradication des violences faites aux femmes

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    De par les donnée recueillies au Centre de Développement Familial et Communautaire à Ruyigi, 538cas de violences de tout genre ont été répertoriés depuis janvier jusqu’en septembre 2015 dans la province Ruyigi. Dominique HAVYARIMANA, Coordinateur du dit Centre, regroupe ces violences en deux catégories essentielles. 41 cas sont des violences sexuelles dont 7sur mineurs et497cas restant sont des violences socio-économiques.

    Néanmoins, il regrette que les victimes ne dénoncent pas de tels cas dans la fraicheur des faits. Sur les 41cas de violences sexuelles ,9 seulement ont été portés à la connaissance des organisations de prise en charge et les victimes ont pu bénéficier d’une assistance socio-médicale et judiciaire. Pour les 32 cas qui restent les victimes ont saisi les organisations de prise en charges après qu’elles aient constaté qu’elles étaient enceintes. Selon Dominique HAVYARIMANA, elles ont tout simplement eu peur des conséquences de l’agression sans pour autant songer à sa répression.

    S’agissant des violences physiques, sociales et économiques, Dominique HAVYARIMANA explique qu’elles sont intimement liées d’où elles sont classées dans une seule et unique catégorie. Pour cause, toutes les femmes qui se plaignent qu’elles sont battues par leurs époux disent également qu’elles sont privées de parole, aussi bien dans la gestion des biens de la famille que dans toute action à caractère social. Cela est un paradoxe puisque ces sont surtout les femmes qui s’occupent de la production dans les ménages dans toute la province de Ruyigi, indique-t-il.

    Selon lui, le manque d’autonomie financière place la femme burundaise dans une situation d’infériorité par rapport à son mari, et partant dans la domination. Telle est la cause majeure de toutes ces violences, indique ce Coordinateur. Il serait donc utopiste de se dire qu’on est en train de lutter contre les violences faites aux femmes sans pour autant songer à l’autonomisation financière de la femme. Il dit que c’est dans ce contexte que le Centre de Développement Familial et Communautaire à Ruyigi a initié un projet d’appui aux associations féminines en vue d’essayer de rendre autonome financièrement les femmes membres de ces associations. Aux cas où l’objectif serait atteint, ces femmes membres des associations serviraient de modèles à suivre aux autres femmes.

    Certes, comme la sensibilisation doit rester une action de tous les jours, Dominique HAVYARIMANA fait savoir que le Centre de Développement Familial et Communautaire a organisé avec les organisations partenaires, dans les Seize jours d’Activisme Contre les Violences Faites aux Femmes, des jeux concours et sketches de démonstration sur les stratégies de luttes contre les violences faites aux femmes.

    Ces activités sont organisées cette année sous le thème :« DE LA PAIX A LA MAISON, A LA PAIX MONDE :UNE EDUCATION SUR POUR TOUT LE MONDE» .

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