Muyinga/Des élèves filles -mères coalisées pour parachever leurs études

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    Environ soixante filles mères du chef-lieu de la Province Muyinga se sont regroupées en association dénommée « TURASHOBOYE » pour S’entraider et ainsi parvenir à terminer leurs études.

    A un jour de la clôture de la compagne des seize jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, les filles mères élèves au chef-lieu de la province de Muyinga évaluent leur projet d’entraide mutuelle pour échapper à la discrimination.

    « Nous sommes environ 60 filles mères regroupées en Association Turashoboye (NOUS SOMMES CAPABLES), pour échanger sur notre expérience et affronter l’avenir sans complexe », confie M. Zuwena Niyonkuru, une des filles mères élève à l’Ecole la Connaissance de Muyinga.

    Face aux défis communs comme la discrimination, la pauvreté pour celles délaissées par les parents ou ceux qui les ont engrossées, le risque d’être une fois encore désabusée sexuellement,…ces mères ont créé une caisse d’épargne et de crédit, révèle Zuwena.

    Par semaine, chacune contribue au moins trois cent francs burundais comme action dans la caisse d’épargne et cent francs bu d’intervention sociale au sein du groupe. Pour les plus riches, on paie cotiser jusqu’à 1500 fr. bu par semaine conformément au règlement d’ordre intérieur de l’organisation.

    En cas de difficultés, on recourt à la caisse ainsi constituée pour venir en aide à celle en proie aux difficultés qui pourraient conduire à l’abandon scolaire, déclare Butoyi Joselyne, une autre mère-célibataire sur le banc de l’école.

    Plus important, ajoute-t-elle, les séances d’échange organisées une fois par semaine nous permettent d’échanger sur nos expériences et éviter de retomber dans le piège d’être engrossée.

    L’existence d’une caisse à ces mères leur permet d’échapper aux tentations des hommes leur proposant de l’argent pour les exploiter sexuellement, a-t-on appris des filles rencontrées devant les bâtiments de la coopérative de Muyinga ou elles se rassemblent périodiquement.

    {{L’administration est aux cotes de ce groupe particulier}}

    Madame Triphine, responsable du centre pour le développement familial de Muyinga dépendant du ministère en charge des droits de l’homme et de la solidarité indique que si ces mères parviennent à gagner leur vie, il en va de soi avec celle des enfants, fait-elle savoir.

    Outre le programme de caisse d’épargne et de crédit, ces associées vont bénéficier des formations en entrepreneuriat, élaboration de projet pour que, à la fin des études elles puissent se prendre en charge.

    Dans l’immédiat, le CDF, en collaboration avec d’autres partenaires, compte doter de cette organisation d’une boutique pour les initier petit à petit aussi au commerce.

    Pour la responsable du CDF, la réussite de ces fille-mères prêtes à témoigner de leur expérience auprès d’autres filles, peut aider dans la mobilisation de la jeune fille pour diminuer les victimes d’abus sexuels dans cette province.

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