KANYANGA, une boisson qui tue

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    La zone Muramba de la commune et province Bubanza a perdu vingt-sept personnes en 2015, mortes après consommation excessive du kanyanga, une liqueur produite localement. Le gouverneur de cette province déplore les faits et appelle les instances habilitées à une révision de la loi afin de mieux éradiquer cette boisson prohibée qui continue à emporter des vies humaines.

    Tharcisse Niyongabo précise que, et les fabricants, et les vendeurs et les consommateurs sont connus mais que le peu d’amende prévue par la loi actuelle comme sanction et quelques jours de cachot ne signifient rien pour eux.

    « Dans la seule zone Muramba de notre province, les administratifs à la base ont pu enregistrer 27 morts, victimes de kanyanga en 2015. Imaginez qu’on portait ce nombre à quinze zones que compte notre province ! On aurait par an plus de quatre cent victimes de cette boisson prohibée par la loi, ce qui serait catastrophique », a indiqué le gouverneur de la province Bubanza lors d’une réunion avec la population de la colline Rugunga en commune Gihanga ce jeudi.

    Tharcisse Niyongabo a également révélé que les fabricants de cette boisson, les vendeurs et les consommateurs ont été identifiés et sont aujourd’hui connus. « Je les ai même invités un jour dans une réunion , ils se sont tous présentés. A ma grande surprise, au lieu de dire qu’ils vont abandonner, ils réclament plutôt être reconnus dans les registres des commerçants et payer les taxes comme les autres. Les frais d’amende et quelques jours de cachot ne signifient rien pour ces gens qui disent que c’est le commerce le plus rentable », dit Tharcisse Niyongabo lors de cette réunion, ajoutant que la loi devrait plutôt être révisée pour augmenter les sanctions.

    « Mon mari était un vrai consommateur de kanyanga. C, était sa boisson préférée. Mais le problème, il ne mangeait pas. Il rentrait toujours ivre et quand je lui présentais de la nourriture, il la renversait et s’endormait comme ça. Il ne pouvait pas tenir longtemps, il est tombé malade et un médecin nous a révélé que son appareil digestif était complètement détruit et il a fini par mourir », regrette une veuve rencontrée à Muramba, en commune Bubanza.

    Elle ajoute que, même si elles continuent à faire des dégâts, les boissons prohibées comme kanyanga, umudring, umunanasi et autres, restent difficiles à éradiquer puisque c’est un commerce rentable mais aussi que ceux qui devraient les combattre (certains administratifs à la base et certains policiers) en tirent profit.

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