Le sommet d’Addis-Abeba : Un échec ou une réussite

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    Des réactions se multiplient après le sommet des Chefs d’Etat d’Addis-Abeba du 30 au 31 décembre 2015 sur la crise burundaise. Les chefs d’Etat n’ont pas validé l’envoi d’une force de sécurisation de la population au Burundi et, non plus, n’ont pas fixé le jour de la reprise du dialogue inter-burundais avec la médiation étrangère: Deux points qui étaient à l’ordre du jour. Les appréciations sont partagées selon les tendances politiques.

    « L’argument qui a prévalu contre les autres est celui de la souveraineté de l’Etat burundais », a indiqué le 2ème vice-président du Burundi à son arrivé à Bujumbura. Joseph Butore, qui avait piloté la délégation burundaise à Addis-Abeba, salut le choix des chefs d’états africains de s’être opposés à l’envoi d’une force africaine au Burundi contre la volonté du gouvernement. Cette autorité se félicite que les conclusions d’Addis-Abeba prouvent que le Burundi a toujours des amis.

    Le parti FNL, lui aussi, salut les conclusions du sommet d’Addis-Abeba. Jacques Bigirimana président de ce parti se réjouit que les chefs d’états africains n’aient pas tombé dans le piège des détracteurs du pouvoir de Bujumbura. Selon lui, il n’y a aucune raison d’envoyer une force au Burundi car, dit-il, la sécurité est totale dans le pays sauf dans quelque 3 ou 4 quartiers de la capitale Bujumbura fief des insurgés qu’il faut mettre hors d’état de nuire.

    Le parti UPRONA, aile de Charles Nditije, a une appréciation mitigé. « L’option d’envoyer la MAPROBU au Burundi est seulement suspendu mais n’est pas totalement écarté », indique le porte-parole de ce parti de l’opposition. Tatien Sibomana dit se référer aux propos du président en exercice de l’Union Africaine qui a indiqué, évoque-t-il, que si la violence continue au Burundi, la MAPROBU finira par y être envoyée.

    « Le sommet d’Addis-Abeba n’est pas un échec mais pourrait l’être », fait remarquer le porte-parole de cette aile de l’UPRONA.

    Cependant, Tatien Sibomana regrette qu’Addis-Ababa ne soit pas parvenu à trouver au moins une réponse à l’une des 2 questions qui étaient à l’ordre du jour. Selon lui, les chefs d’états auraient pu exiger et fixer une date précise de la reprise du dialogue inclusif. Cette personnalité de l’opposition espère que la délégation de haut niveau des chefs d’états dont on a parlé dans la capitale éthiopienne qui sera envoyée à Bujumbura arrivera à stopper la violence et à fixer une date précise des négociations sinon, dit-il, ce sera un échec cuisant de la diplomatie régionale et internationale. Tatien Sibomana prévient que cela est la dernière option pacifique.

    Léonard Nyangoma, une autre figure de l’opposition, s’insurge contre les conclusions du sommet d’Addis-Abeba. Le président du CNARED fait remarquer qu’après l’assassinat du président Melchior Ndadaye en 1993, une force étrangère avait été sollicité mais n’est venue qu’en 2003 dix ans plus tard après que des massacres aient été commis. Il estime que cela devrait être évité.

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