Cette année académique 2015-2016, l’Université du Burundi a interdit le baptême université malgré la résistance des anciens étudiants. 
Selon les anciens étudiants de l’Université du Burundi, le baptême à cette institution universitaire commençait le jour des inscriptions des nouveaux étudiants dans leurs facultés ou départements respectifs. Il se poursuivait durant au moins deux mois. Les nouveaux étudiants venus des différents coins du pays subissaient des différentes pratiques d’initiation à la nouvelle vie académique et communautaire, ont expliqué ces anciens, appelés ‘’poilissimes ‘’dans le jargon académique burundais.
« Cette année les choses ont changé », a regrette un étudiant de la 2ème année baccalauréat rencontré au campus Mutanga. Il a expliqué que les nouveaux étudiants dits ‘’puants’’ ont bénéficié de l’immunité de ne pas subir le baptême universitaire de la part des autorités rectorales.
Quand nous sommes arrivés l’hôpital universitaire de Kamenge, Roi Khaled les nouveaux étudiants sortaient de l’auditoire. Tous, avec des têtes bien rasées, ils avaient l’air inquiet. Deux d’entre eux nous dit que le Doyen de la Faculté de Médecine leur demande de se rendre au campus Mutanga pour qu’on leur montre des salles de cours et de la bibliothèque. Mais, aucun ancien ne les dérangeait.
Au nouveau campus universitaire appelé du Large, il est réservait aux nouveaux étudiants de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines ainsi qu’à ceux de la Faculté de Droit. Ils ont indiqué qu’ils ne s’inquiétaient de personne, ajoutant que le baptême ne devrait pas être supprimé, mais plutôt fait dans le respect des droits de l’homme comme à l’Ecole Normale Supérieure, ENS.
Cependant au campus Mutanga, le baptême se déroulait sans encombre. Vers 12 heures 30 minutes de ce lundi, les nouveaux étudiants courbés avec les fardes en plastiques dans leurs bouches, formaient une chaîne en se déplaçant. Les anciens les grondaient en leur affirmant que le baptême se déroulera comme d’habitude.
Comme rappel, le Directeur des Services Académiques avait signé un communiqué le 30 novembre 2015 interdisant aux anciens étudiants de faire « le baptême » ou toute autre pratique similaire au « baptême ». Il a spécifié que « quiconque contreviendra au prescrit de l’article 5 de l’Ordonnance Ministérielle » s’exposera aux sanctions « conformément à la loi et aux textes règlementaires en vigueur, et assumera individuellement les conséquences de ses actes posés à l’intérieur des campus universitaires et aux alentours de ceux-ci ».



