Un chiffre de 28 mille enfants inscrits cette année scolaire en première année inquiète les autorités tant administratives que scolaires dans la province de Bubanza. Le gouverneur de cette province parle d’un un indicateur clé d’une démographie galopante. Et le directeur provincial de l’enseignement de dire que la capacité d’accueil dans les classes de premièreannée est largement dépassée. 
Jimmy Uwarugira rentre de l’Ecole Fondamentale Gihanga III, très fatigué, avec dans les mains, deux cahiers déjà déchirés. Après quatre semaines de la rentrée scolaire, il se lamente auprès de ses parents : « Nous nous essayons par terre quand nous arrivons en retard car les places sont peu nombreuses. Nous prenons notes très difficilement. Et comment voulez-vous que mes cahiers restent en bon état, quand nous les mettons sur les jambes pour écrire, et que parfois, la feuille est trouée par le stylo, c’est la galère», déplore cet enfant les conditions dans lesquelles il étudie. Il ajoute qu’il ne veut même pas retourner àl’écolemême si ses parents font tout pour qu’il n’abandonne pas.
Le directeur provincial de l’enseignement déclare que presque toutes les salles de classe de premièreannée dans toute la province comptent plus de cent écoliers, avec tous les problèmes qui en découlent : «C’est un problème sérieux. Des centaines d’enfants dans les classes, des enseignants insuffisants, des livres et des bancs pupitres qui manquent, … C’est pénible de tenir un cahier dans les mains et de pouvoir écrire quand on s’assoit par terre». Philbert Habonimana ajoute que ce problème est difficile à gérer d’autant plus qu’il y a un manque criant d’enseignants et de locaux dans toutes les directions communales de l’enseignement de cette province.
L’analyse du gouverneur de cette province est que ces chiffres d’enfants inscrits en première année constituent un indicateur d’une démographie galopante. « Je constate que la population s’accroit aussi vite actuellement. Vingt-huit mille enfants de 7 ans seulement ! », regrette cette autorité provinciale. Térence Nobus Butoyi déplore également le fait qu’il y a des parents qui s’alignent souvent devant son bureau pour solliciter des cahiers, des uniformes, des vivres et autres effets scolaires pour leurs enfants. Il recommande à la population à limiter les naissances et à mettre au monde des enfants dont ils pourront supporter la prise en charge.



