Edito : Bujumbura disparait à petit feu

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    La ville de Bujumbura et d’autres contrées du pays sont sous menace de ravins. Sur certaines rivières s’observent d’une part, des ravins qui s’agrandissent du jour au jour, d’autre part la population voit l’éclatement de fissures suivi de l’effondrement de maisons d’habitations. Ici l’on citerait l’endroit appelé communément Uwinterekwa en zone urbaine de Gihosha et la localité dite CECENI du quartier Kinanira 2 en zone urbaine de Musaga. Ces ravines deviennent petit à petit de grands ravins en l’absence de mesures concrètes de leur prévention alors que les précipitations sont devenues abondantes au mois de mars et probablement au mois d’avril.

    Les témoins oculaires sont les propriétaires de maisons écroulées laissant leurs familles sans abris, assistant impuissamment à cette scène. Contre toute attente, d’autres maisons sont en train d’être érigées à coté de celles qui s’effondrent. Sans toutefois oublier sur les routes et sur les ponts, une situation qui se présente dans la mairie de Bujumbura et l’intérieur du pays.

    Les experts environnementaux ne cessent d’alerter que la ville de Bujumbura est située dans un espace à haut risque à cause de montagnes qui la surplombe. Le service chargé de l’aménagement du territoire ne cesse aussi de rappeler que toute construction nécessite une autorisation attestant que la zone est convenable. Mais selon des sources sures, des fois, ces autorisations ne sont pas demandées. Même ceux qui en demandent le font après voir construit. Ce n’est pas pour insinuer que cela ne se fait pas mais des irrégularités liées à l’indifférence existent.

    On ne passerait pas sous silence des bonnes initiatives du gouvernement pour protéger sa population. On parlerait des travaux de stabilisation des berges des rivières Ntahngwa, Gasenyi,Nyabagere et Kinyankonge qui traversent la mairie de Bujumbura. A côté de ces travaux vient la mise en place des institutions de prévention et gestion des catastrophes et des lois y relatives. Nonobstant, ces initiatives risquent de tomber à l’eau s’il n’y aura pas d’autres mesures d’accompagnement.

    Si ces institutions concernées sont au courant de ces constructions anarchiques, qu’envisagent-elles faire pour stopper cette situation? Les auteurs de constructions anarchiques sont-ils conscients de pertes qu’ils enregistreraient une fois leurs maisons s’écroulent, d’autant plus que la plupart d’entre elles sont construites à l’aide des crédits bancaires? Qu’est-ce qui manque pour que ces ravins soient réhabilités?
    Dans tous les cas, personne ne devrait pas être indifférent devant cette question qui hante tout le pays car ses conséquences sont notées sur toutes les parties. Que ce soit le citoyen qui implore l’action du gouvernement en cas d’écroulement de sa maison et le gouvernement lui-même, car les moyens alloués à la gestion de catastrophes seraient plus élevées que ceux utilisés dans la prévention.

    La loi en la matière devrait être respectée et les travaux de prévention devraient être multipliés avant que la situation ne dégénère.

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