
Le forum pour le renforcement de la société civile (FORSC) qualifie de politico-religieuse la commission vérité et réconciliation élue le 03 décembre courant par la chambre haute du parlement.
Sur 11 commissaires de cette CVR, 6 sont des religieux. Selon le communiqué du Forsc, cette commission risque de privilégier la pardon afin d’aboutir à une réconciliation calculée au détriment de la vérité et de la justice.
Le Forsc soulève également ses inquiétudes quant à la qualité et la légitimité de certains des commissaires de cette commission eu égard à leur tâche de travailler collégialement et décider au milieu par consensus.
Elle se dit déçue par le fait que les membres de la société civile ont été écartés alors qu’ils étaient plébiscités par la population lors des consultations populaires comme étant mieux placés pour conduire cette recherche de la vérité et enfin de conduire vers la réconciliation nationale.
« L’élection du ministre Clotilde Niragira pose des questions étant donné qu’à l’occasion de ses multiples fonctions, elle a prêché par action ou par omission, en laissant impunis ou garantissant l’impunité des crimes graves », a déclaré le délégué général du Forsc.
Ces mêmes crimes affectent les droits de l’homme et cependant la période couverte par les travaux de la CVR.
Vital Nshimirimana a rappelé notamment les exécutions de Muyinga en 2006 qui sont restées impunies jusqu’à l’heure actuelle alors que Clotilde Niragira était ministre de la justice.
Le cas aussi de l’emprisonnement « arbitraire » de l’ancien Président de la République Domitien Ndayizeye et de son Vice Alphonse Mairie Kadege, « méchamment » humiliés et torturés au cours de cette même période, ainsi que la libération des milliers condamnés ayant versé dans les massacres de 1993 et suivants.
Le même commissaire de la CVR lorsqu’elle était ministre en charge des droits de l’homme, des dizaines de cas d’exécution extra judiciaires se sont commis et sont resté impunis alors qu’en vertu de ses pouvoirs, devait-elle contribuer à la répression des dits crimes, poursuit le délégué général du Forsc.
Convaincu que le Burundi attend de connaitre la vérité sur les crimes du passé, et mérite ainsi de bons commissaires compétents, probes et intègres, Vital Nshimirimana estime que la vérité doit commencer par les commissaires eux même.




