Cinquanténaire: Les Magistrats de la Cour Suprême haussent le ton contre leur traitement protocolaire

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    L’Assemblée Générale de la Cour Suprême regrette le traitement qui lui a été réservé lors de la célébration des cinquante ans de l’indépendance du Burundi à Bujumbura ce lundi, après que le chef du Protocole de l’Etat ait refusé à ces grands magistrats du pays d’accéder à la tribune d’honneur.

    « (…) l’Assemblée Générale de la Cour Suprême (…) s’indigne du traitement protocolaire réservé au pouvoir judiciaire lors de cette journée de commémoration du cinquantenaire de l’indépendance du Burundi en lui refusant l’accès à la tribune alors qu’il était dument invité et porteur d’une tenue distinctive », souligne un communiqué sorti ce jeudi et signé par le Secrétaire Général et Porte-parole de cette institution, Elie Ntungwanayo.

    L’assemblée Générale de la Cour Suprême ne semble pas caresser l’encolure du Chef du Protocole de l’Etat.

    Elle «fustige les propos malveillants et menaçant proférés par le chef du Protocole d’Etat à l’endroit des Magistrats de la Cour Suprême et de la Cour Constitutionnelle aux termes desquels les revendications du Magistrat constituent une manifestation », lit-on dans ce communiqué.

    Si les magistrats de la Cour Suprême ne semblent pas du tout vouloir caresser l’encolure du Chef de Protocole de l’Etat, ils restent cependant satisfaits par l’attitude de leur chef direct, le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux.

    Selon le communiqué, le Ministre fait tout « pour restaurer l’image publiquement ternie au sommet de l’institution judiciaire », saluant ainsi son travail, sans toutefois dévoiler le bilan.

    D’une pierre deux coups ! Les magistrats de la Cour Suprême recommandent une refonte législative prompte et propre à renforcer l’indépendance du Pouvoir Judiciaire en remplacement des lois actuelles totalement anachroniques, réclamant ainsi à voix basse, l’indépendance de la magistrature burundaise.

    C’est cette réclamation qui vient donner raison au bâtonnier du Burundi Me Isidore Rufyikiri, hier dans son interview avec les médias locaux.

    Le dernier disait que la parade des magistrats (en tenue de travail) devant la tribune d’honneur en saluant même les membres de l’exécutif et les invités, est un signe que la magistrature burundaise est soumise à l’exécutif, alors qu’il devrait être un pouvoir indépendant.

    Constitutionnellement donc, les trois pouvoirs, l’exécutif, le législatif et le judiciaire sont égaux, raison pour laquelle, selon la Cour suprême (qui représente l’ensemble de tous les magistrats), le président de cette Cour au moins, devrait se retrouver côte à côte avec l’Exécutif et le Législatif dans la place d’honneur, non loin des six chefs d’Etats et les députés qui avaient répondu présents dans cette célébration. L’histoire des triplés dont l’un est mal à l’aise!

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