LA CULTURE DU SECRET PAR L’ACTUEL GOUVERNEMENT DU BURUNDI REMPORTE SUR LA PROMOTION DE SA TRANSPARENCE

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    Opinion de Côme Konakuze/ Génève-Suisse

    Le Burundi avait trouvé la liberté de l’information comme l’oxygène dans
    son processus démocratique. En effet, si les gens ne savent pas ce qui se
    passe au sein de leur société en toute liberté, si leurs dirigeants
    agissent sous le voile du secret, la population ne devient plus en mesure
    de participer d’une manière positive à la vie de leur société et les
    dirigeants ouvrent la voie du régime limitatif d’exception permanente au
    droit à l’information comme c’est le cas de l’actuel classe dirigeante
    burundaise.

    Mais ils oublient que l’information n’est pas seulement nécessaire au
    public, elle est un élément constitutif majeur de tout bon gouvernement.

    Nous pensons qu’aucun gouvernement ne peut survivre longtemps s’il décide de pratiquer la culture du secret car dans de telles conditions,
    l’incompétence, le gaspillage et la corruption ne peuvent que s’épanouir
    compromettant ainsi le développement et finalement la révolte du peuple.
    L’accès à l’information favorise un régime politique qui veut
    réellement développer son peuple sur tous les plans car l’information
    montre sa transparence pour que le peuple retrouve la confiance de son
    gouvernement. Certes, la famine de l’information nuancée qui sera
    engendré par l’actuelle loi ferra place à l’insécurité de l’État et de
    ces citoyens. Le Burundi a connu cette expérience pendant les régimes
    oligarchique des années passées où la presse était qu’un instrument
    exclusif des dirigeant respectant la procédure de la culture du secret.

    Le Burundi avait voulu résoudre ce défit du droit à l’information mais
    le régime actuel vient de le faire reculer de beaucoup d’années afin de
    limiter la divulgation de l’information permettant aux citoyens d’examiner
    minutieusement les activités de ce gouvernement, et de participer au
    processus de démocratisation de leur pays sur base d’un débat sérieux et
    bien informé sur l’action gouvernementale.

    Voila ce que les burundais viennent de perdre après la signature de cette
    loi sur la presse.

    Si le gouvernement se dit démocratique, et en même temps voulant
    poursuivre ses travaux à l’abri des regards du public à travers les
    médias,il n’y a pas à se faire d’illusion que ce gouvernement trouvera
    toujours de bonnes raisons pour justifier leur goût du secret. D’après ce
    que le Président a déclaré en provenance du Japon ce 05 Juin 2013, nous
    constatons qu’il a oublié que cette loi a été lue et re-lue par les
    burundais, les sociétés civiles nationales et internationales, les corps
    diplomatiques et gouvernements mais surtout par les professionnels des
    medias et qui ont tous été unanimes sur le caractère de la culture du
    secret que ce gouvernement recherche en promulguant cette loi.

    Les dirigeants burundais considèrent trop souvent l’information comme leur
    propriété personnelle, alors qu’ils n’en sont que les gardiens agissant
    au nom du peuple.
    C’est pour ces raisons qu’on appelle cette loi, une oppression valable pour
    l’ensemble de la communauté et qui constitue le défit de l’avenir de la
    politique burundaise ainsi que son développement.

    Nous déplorons que les principes de transparence maximale du gouvernement
    tant recherchés soient actuellement réduits à néant.

    Nous savons bien que des exceptions devraient être formulées clairement
    et limitativement et surtout reposer sur des critères stricts concernant
    “le préjudice”et ” l’intérêt public” ce qui n’a pas été le cas dans
    cette fameuse loi signée par le Président hier. Par exemple, le triptyque
    justificatif du gouvernement devrait comporter uniquement :
    • L’information concerne un objectif légitime stipulé dans la loi;
    • La divulgation risque d’être grandement préjudiciable à cet
    objectif;
    • Le préjudice susceptible d’être causé à l’objectif est sans commune
    mesure avec l’intérêt que la connaissance de l’information présente pour
    le public.

    Aucun organisme public ne devrait être complètement exclu du champ
    d’application de la loi sur l’information du public, même si la majorité
    de ses attributions relèvent du régime des exceptions.
    Ce principe s’applique à tous les pouvoirs (exécutif, législatif et
    judiciaire) et à toutes les fonctions de l’État (y compris, par exemple,
    la sécurité et la défense). La non divulgation d’information doit être
    motivée au cas par cas.

    Le souci d’éviter un embarras aux pouvoirs publics ou de dissimuler un
    comportement fautif de leur part ne saurait en aucune circonstance servir
    de justificatif.

    S’il y a des objectifs légitimes justifiant des exceptions, l’Etat devrait
    dresser une liste limitative des objectifs légitimes susceptibles de
    justifier la non divulgation d’information, dont notamment la divulgation
    de la vie privée d’une personne. Aussi, les exceptions devraient être
    délimitées avec précision afin d’éviter l’inclusion d’éléments ne
    portant pas atteinte à un intérêt légitime. Pour satisfaire ce
    principe, ces exceptions ne devraient pas être fondées sur la nature du
    document mais plutôt sur son contenu et être, dans la mesure du possible,
    limitées dans le temps. Par exemple, le caractère confidentiel
    d’informations relatives à la sécurité nationale devrait être levé une
    fois dissipée la menace particulière ayant motivé pareille mesure

    La primauté de l’intérêt public devrait toujours être protégée même
    s’il est démontrable que divulguer une certaine information porterait
    gravement préjudice à un objectif légitime, elle doit l’être si les
    avantages de la divulgation l’emportent sur le préjudice. Par exemple,
    certaines informations peuvent être de nature privée tout en révélant
    des faits de corruption à un niveau élevé de l’État. Dans pareils cas,
    le préjudice susceptible d’être causé à l’objectif légitime doit être
    mis en regard avec l’intérêt public que présente la divulgation de
    l’information. Lorsque ce dernier l’emporte, la loi doit prévoir la
    divulgation de l’information.

    “La recherche de l’intérêt général à travers l’information et le
    respect de la volonté générale ne devraient pas être compromises en
    aucun cas du moins si le gouvernement est transparent dans son action et
    cherche toujours la promotion de la démocratie”

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