
Les relations entre le président rwandais Paul Kagame et le Vice-Premier Ministre Belge Didier Reynders (voir la photo) ne sont pas bonnes, selon le journal La Libre, citant à son tour une source de Le Soir.
Selon le journal, Reynders n’est pas le bienvenu au Rwanda, surtout en cette période de commémoration du 20ème anniversaire du génocide contre les tutsis au Rwanda.
« (…) il est reproché à Didier Reynders d’avoir approuvé des propos tenus par le président tanzanien, Kakaya Kikwete, qui avait suggéré à Kigali d’ouvrir le dialogue avec les opposants hutus des FDLR – Forces démocratiques pour la Libération du Rwanda – considérées comme des génocidaires », lit-on dans La Libre.Be.
Didier Reynders « aurait émis le souhait d’être du voyage, puisque c’est à lui qu’il revient normalement de représenter la Belgique en ce type de circonstances, mais n’aurait toujours pas reçu d’invitation », selon La Libre.
Libéral, né en 1958, Didier Reynders s’est aussi démarqué, ces dernières années, dans ses positions face aux problèmes de la région des grands lacs, surtout la guerre à l’est du Congo, dans les deux Kivu.
En visite au Rwanda, en Aout 2012, Reynders avait justifié, devant la Ministre des Affaires Etrangères Louise Mushkiwabo que la pression sur le Rwanda pour ne pas soutenir les affrontements à l’est du Congo était nécessaire :
«Blâmer un seul pays n’est pas une solution. Nous devons faire pression sur tous les partenaires – le Congo, les pays voisins et la communauté internationale – et il est maintenant urgent de prendre la parole [à l’ONU] pour trouver une solution ” avait dit le Vice Premier Ministre et Ministre des Affaires Etrangères belges.
En 2013, de passage à Kinshasa, Didier Reynders s’était montré opposé à la réintégration des rebelles du M23 au sein de l’armée congolaise, une rébellion soutenue par Kigali, bien que celui-ci l’a nié à maintes reprises.
« Je crois qu’en matière d’impunité et de réintégration il y a des limites, une ligne rouge à ne pas franchir. J’ai le sentiment – après on peut toujours discuter à la marge – mais j’ai le sentiment que le maximum a été fait » a annoncé Reynders, signifiant que le Gouvernement congolais avait tout fait pour comprendre les revendications des mouvements armés à l’est du Congo, y compris le M23.
Les relations entre Kigali et certains pays surtout occidentaux se sont détériorées ces derniers jours surtout avec les accusations portées contre le régime de soutenir la rébellion du M23 à l’est du Congo.
Cependant, le Rwanda avait officiellement niés ces accusations, soulignant qu’il n’avait rien à voir avec le Congo.
Les Etats Unis d’Amérique aussi avaient rejoint la danse, en franchissant le Rubicon. Ils avaient demandé au Rwanda le retrait du soutien de la rébellion tutsie du nord Kivu qui avait d’ailleurs conquis la ville de Goma, avant de la quitter sous pression. Cette puissance avait aussi demandé la mise en place d’un tribunal spécialisé pour juger les crimes commis au Congo. Depuis 1996, plus de 4 millions de gens, selon les rapports d’International Rescue Commitee (IRC), ont été tués dans des conflits armés.




