Le président de l’Aprodh de nouveau auditionné

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    Le président de l’Association pour la Protection des Droits Humains et des Prisonniers a comparu mardi dernier au parquet près le Tribunal de Grande Instance en mairie de Bujumbura. Au cours de cette audience à huis clos qui a duré plus de 4 heures, Pierre Claver Mbonimpa a été auditionné par le substitut du procureur du nom de Salvator Ndayiziga.

    Selon l’un de ses avocats Maitre Antoine Nzobandora ; son client a été entendu sur l’affaire des jeunes qui auraient fait des entrainements paramilitaires en République Démocratique du Congo. Mais il précise qu’ils se sont présentés au parquet sans que le motif de la convocation leur soit signifié.

    « Le président de l’Aprodh a été convoqué mais on n’avait pas précisé le motif de la convocation, on a failli imaginer que c’était une occasion pour le libérer du moins provisoirement » ; a déclaré Maitre Antoine Nzobandora à la sortie de l’audience.

    Concernant l’audience de mardi dernier, son avocat dit que le parquet a poursuivi le travail d’instruction. Maitre Antoine Nzobandora a fait savoir que son client a, entre autre, été interrogé sur les 3 noms des personnes que son client a déclarées qu’elles sont décédées en République Démocratique du Congo.

    Ces personnes ont d’ailleurs été présentées physiquement par le substitut du procureur au cours de cette audience. Il s’agit de Ferdinand Kwizera, Innocent Busoni et Henri Ngendanzi. Ces dernières ont d’ailleurs demandé à ce qu’elles soient dédommagées parce qu’on les a faits passer pour mort.

    « Monsieur Pierre Claver Mbonimpa a dit qu’effectivement des informations avaient fait état de décès de ces 3 personnes, il a partagé cette information avec les autres activistes des droits humains, mais en aucun cas il n’avait prétendu affirmé que ces gens étaient effectivement décédées », a précisé Maitre Antoine Nzinahora en ajoutant que les infractions pour lesquelles il est poursuivi ne devraient pas lui valoir l’emprisonnement.

    Concernant l’infraction d’atteinte à la sureté intérieur du pays, il dit que les faits qui peuvent constituer cette infraction ne sont pas ceux à charge du président de l’Aprodh. « Même si il aurait affirmé que des gens sont morts alors qu’ils ne l’étaient pas, cela ne suffit pas pour envoyer quelqu’un en prison », a dit Maitre Antoine Nzinahora.

    Quant à l’infraction d’atteinte à la sureté extérieure du pays, il faut d’abord qu’il ait eu une information divulguée mais qui devrait être tenue secrète, et que cette information entraine les circonstances de guerre entre 2 Etats. « Même ces faits sont loin d’être portés à charge contre le président de l’Aprodh » ; a souligné son avocat.

    Pour le moment l’avocat de Pierre Claver Mbonimpa fait savoir que soit le juge « peut » le libérer provisoirement après l’instruction, soit qu’il peut le présenter devant la chambre de conseil pour confirmer ou infirmer son emprisonnement.

    Certains activistes des droits humains étaient au parquet de la mairie de Bujumbura mardi dernier pour témoigner leur soutien à Pierre Claver Mbonimpa. Aussi un bon nombre de citoyens étaient sur les lieux, certains épris d’émotion voulaient le toucher la main ,mais la police était là pour les en empêcher.

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