
Dans leurs communiqués respectifs, l’Action Chrétienne pour l’Abolition de la Torture (Acat), le Réseau des Citoyens Probs (Rcp) et le barreau de Gitega demandent la libération inconditionnelle de Pierre Claver Mbonimpa.
D’abord ; l’Acat condamne fermement les agissements de la justice qui semble selon elle ; « avoir des motifs politiques ».
Dans son communiqué ; cette organisation exprime sa profonde préoccupation face à la situation des droits des défenseurs des droits de l’homme qui, ces derniers jours, ne cessent d’alerter l’opinion sur une probable distribution d’armes à certains jeunes.
L’Acat considère ces acharnements judiciaires comme des moyens d’intimidation des acteurs de la société civile.
En plus, selon le même communiqué, ces actes sont des atteintes graves aux libertés d’expression et d’information protégés par la loi burundaise et les instruments internationaux auxquels le Burundi est partie.
Selon cette organisation, les poursuites judiciaires engagées contre Pierre Claver Mbonimpa et certains journalistes n’ont pour but que d’entraver leurs activités légitimes et de limiter la liberté d’expression et d’opinion, « gage à une éclosion d’une société paisible et démocratique au Burundi ».
Ensuite, de son côté, le Rcp dénonce une justice à deux vitesses. «Le président de l’Aprodh dénonçait sans réserve mille et une violation des droits de l’homme, mais les gros et petits poissons pointés du doigt ne subissent aucune poursuite judiciaire », selon son communiqué.
Le Rcp considère qu’il n’y a aucune raison qui puisse justifier l’emprisonnement de Pierre Claver Mbonimpa, étant donné qu’il a donné les éléments qui devraient servir de base d’enquête et uniquement dans l’intention de donner la piste aux organes de l’Etat habiletés à diligenter les enquêtes.
« Le traitement réservé au doyen des défenseurs des droits de l’homme au Burundi est une manifestation à peine voilée d’une volonté de vengeance et d’humiliation, laquelle humiliation risque de se retourner contre les autres défenseurs des droits humains ainsi qu’à toute la nation burundaise », selon le communiqué du Rcp.
Enfin, de son côté le barreau près la Cour d’Appel de Gitega fait un clin d’œil aux institutions judiciaires qui doivent selon son communiqué promouvoir leur Indépendance.
Il rappelle aussi le principe constitutionnel selon lequel, la liberté est le principe tandis que l’emprisonnement constitue l’exception, selon le président de ce barreau Me Raphale Gahungu.
Le même barreau demande au Président de la République de prononcer un discours d’apaisement au peuple Burundais en cette période pré électorale qui alerte la population comme il l’a fait à la veille des élections précédentes.
Ce barreau souligne que le président de l’Aprodh doit être inconditionnellement libéré puisque son emprisonnement est contraire à la politique sectorielle du Ministre de la justice de l’humanisation du droit pénal.
Pierre Claver Mbonimpa a été arrêté la nuit du 14 au 15 mai de cette année. Ce défenseur des droits humains est poursuivi pour atteinte à la sûreté intérieure et extérieure su pays.
C’était après qu’il ait affirmé détenir toutes les preuves sur l’information des jeunes burundais qui auraient fait des entrainements para militaires en République Démocratique du Congo.
Il a déjà été auditionné sur ce dossier deux fois par l’un des substituts du procureur en mairie de Bujumbura.
Ses avocats ont déclaré après l’audience à huis clos de mardi dernier que les chefs d’accusation à sa charge ne tiennent pas pour justifier son emprisonnement.




