
Mercredi 28 mai 2014, comparution au parquet de Muyinga pour Alexis Nimubona, journaliste de la Radio Publique Africaine RPA à Muyinga.
Accompagné de deux avocats, Maitre Jean Bosco Ngendakubwayo et Jean Baptiste Nsabimana, ce journaliste a été informé sur place de la charge qui pèse sur lui.
Ildefonse Ntawunkunda, Gouverneur de la Province Muyinga et Gilbert Bizindavyi, Commissaire de police dans cette province sont les plaignants.
Ces administratifs accusent le journaliste d’éclabousser leur image. Le reportage signé par ce journaliste le 23 mai est cité dans une plainte déposée au parquet.
D’après les deux plaignants, ils ont été injustement accusés d’avoir corrompu une détenue poursuivie dans un dossier de distribution d’armes en commune Giteranyi.
La présumée corrompue, M. Marie Minani a été arrêtée le 22 mai en commune Giteranyi puis conduite au cachot de police à Muyinga. Le soir du même jour, le Gouverneur accompagné du commissaire de police dans cette province ont rendu visite à la détenue. Ils l’ont faite sortir du cachot entre 18 h 30min et 20h, l’ont conduite au cabaret et au restaurant lui offrir à manger et à boire. Le lendemain, le correspondant de la RPA a fait un reportage sur un probable montage visant à faire dire à cette dame une liste de personnes à incriminer comme propagateur de rumeurs sur la distribution des armes.
D’ après ce correspondant de la RPA, la crainte des habitants était fondée sur cette sortie nocturne inhabituelle chez les personnes en détention.
Le Gouverneur et le commissaire s’attaque principalement au journaliste pour avoir suspecté la corruption dans ce dossier. Ils exigent des preuves à défaut des sanctions exemplaires conformément à la loi, pour préserver leur honneur au Burundi comme à l’étranger, peut-on lire vers la fin de leur plainte.
L’UBJ et l’Aprodh font une autre lecture
D’après Alexandre Niyungeko Président de l’Union Burundaise des journalistes, les poursuites engagées contre ce journaliste sont sans fondement. Le reportage cité respecte les règles du métier.
Par ailleurs, souligne M. Niyungeko, le gouverneur a usé de son droit de réponse sur la RPA. Il s’agit d’une façon de faire peur aux journalistes pour ne plus informer comme il faut la population.
Ce représentant invite les journalistes à ne pas céder à l’intimidation mais continuer à accomplir leur mission d’informer la population sur tous les sujets.
Adam Ruhamiriza, représentant l’APRODH à Muyinga, parle d’une violation des procédures judiciaires. Sous d’autres cieux, c’est plutôt les deux autorités qui devraient être interrogées sur leur motivation de sortir du cachot une détenue et pendant la nuit.
Il demande au substitut du procureur traitant ce dossier d’user de son habituelle neutralité dans le traitement des dossiers, pour ne pas incriminer injustement ce correspondant de la RPA à Muyinga.
Les avocats de la défense se réservent de tout commentaire, ils apprécient la sérénité du substitut du procureur en charge du dossier, pendant plus de 30min qu’ils ont passé dans son bureau, ils échangeaient sur la plainte, ces avocats ont demandé un délai de préparation de leur plaidoirie, d’ici vendredi de la semaine prochaine quand, Alexis Nimubona va comparaitre encore une fois au même parquet.
En attendant ce journaliste, se dit confiant, le Gouverneur accepte le fait de faire sortir du cachot une détenue pendant la nuit pour lui offrir à manger et à boire, fait remarquer M. Alexis.




