
« Le procès des membres d’un parti d’opposition (MSD, ndlr) a été d’une iniquité flagrante et gravement défectueux du début à la fin », c’est le constat du responsable de l’organisation américaine des droits de l’homme Human Rights Watch dans son communiqué ce mercredi soir.
Daniel Bekele (voir photo) directeur de la division Afrique à Human Rights Watch a demandé au gouvernement du Burundi de ne pas alors harceler les opposants en faisant recours à la justice.
« Le gouvernement burundais devrait cesser de politiser le système judiciaire et faire en sorte que les tribunaux ne soient pas instrumentalisés pour punir collectivement les opposants à l’approche des élections nationales de 2015. », a déclaré Daniel Bekele
Cette organisation déplore le fait que depuis 2013 les médias privés et la société civile burundaise de même que les partis de l’opposition ont été harcelé par des agents de l’Etat ou les membres du parti au pouvoir.
« Human Rights Watch a documenté une tendance à restreindre les droits aux libertés d’expression, d’association et de réunion observée au Burundi au cours des quatre dernières années », selon ce communiqué, ajoutant que depuis cette même année « une escalade des affrontements a été constatée entre le parti au pouvoir et l’opposition, ainsi qu’un harcèlement constant des partis d’opposition par des agents de l’État et des membres du parti au pouvoir ».
Revenant sur les incidents du 8 mars, au cours desquels deux policiers avaient été retenus par les membres du parti MSD, HRW demande aussi la traduction en justice de ceux qui avaient osé prendre en otage les policiers.
« Les personnes responsables de la prise en otage des deux policiers devraient être traduites en justice, mais leur infraction ne justifie pas les méthodes excessives et disproportionnées utilisées par la police, ni les dizaines d’arrestations arbitraires », a déclaré Daniel Bekele.
Concluant son communiqué, HRW demande au Gouvernement de bien faire attention si réellement il veut des élections crédibles et transparentes en 2015.
« Si le gouvernement burundais souhaite réellement que les élections de 2015 soient libres et équitables, il doit impérativement mettre fin aux mesures répressives et faire tous les efforts possibles pour éviter que les tensions ne s’aggravent encore » a-t-il conclu.




